Corruption, meurtres, passages à tabac et appels au secours de policiers exaspérés par les excès de leurs supérieurs: les scandales pleuvent sur le ministère russe de l'Intérieur, au point qu'un élu propose désormais sa "dissolution".
Si les représentants russes des forces de l'ordre n'ont probablement jamais eu bonne presse auprès de la population, la tension est montée de plusieurs crans ces dernières semaines: d'abord lorsqu'un jeune policier, Alexeï Dymovski, a pris l'initiative sans précédent de rendre publics sur internet ses griefs à l'encontre de sa hiérarchie. Sept de ses collègues ont depuis ajouté leur propre contribution sur son site.
Puis cette semaine, lorsqu'un autre agent, saoul, et accompagné de deux collègues également ivres, a battu à mort un jeune homme de 19 ans qui refusait de lui céder le passage dans la queue d'un restaurant McDonald's de Moscou.
En avril, un autre policier, pris d'un accès de folie, avait abattu 3 personnes et en avait blessé six autres dans un supermarché de Moscou, conduisant le président Dmitri Medvedev à limoger le chef de la police de Moscou.
De l'avis général, ces incidents très médiatisés ne constituent que la partie visible de l'iceberg et le verdict est sans appel: la Russie est malade de sa police, et les forces de l'ordre y sont beaucoup plus redoutées que les bandits.(belga)


