L'ex-chef politique des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic a contesté vendredi la désignation d'un avocat qui le représentera s'il continue de boycotter son procès devant le Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie, a annoncé son conseiller juridique.
"Le docteur Radovan Karadzic a déposé une motion vendredi pour obtenir l'annulation de la désignation de Richard Harvey", un avocat britannique désigné par le greffe le 19 novembre, a déclaré son conseiller juridique Peter Robinson, devant la presse à La Haye.
"Un accusé a le droit de recevoir une liste d'avocats et de choisir l'avocat qui lui sera désigné. Cela n'a pas été fait dans l'affaire de M. Karadzic", a-t-il ajouté.
Les juges du TPI avaient ordonné le 5 novembre qu'un avocat soit imposé à Radovan Karadzic, qui avait boycotté les premières audiences de son procès ouvert le 26 octobre, au motif qu'il n'avait pas eu suffisamment de temps pour préparer sa défense qu'il assure seul. Ils lui avaient refusé le droit de faire appel de cette décision, le 23 novembre.
"M. Karadzic ne coopère pas avec M. Harvey à ce stade car il estime que sa désignation n'est pas légale", a souligné Peter Robinson. "Il veut choisir quelqu'un qui soit originaire de sa région, (...) avec qui il partage un héritage commun, la même langue".
Arrêté en juillet 2008 à Belgrade après 13 ans de cavale, Radovan Karadzic est accusé de génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité pour avoir "orchestré un nettoyage ethnique" pendant la guerre de Bosnie (1992-1995). (belga/cb)


