Gordon Brown tente de faire taire les critiques

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Par: rédaction
14/12/07 - 17h05

Le Premier ministre britannique Gordon Brown s'est efforcé vendredi à Bruxelles de faire taire la polémique créée par son absence la veille à la cérémonie de signature du nouveau traité européen.

M. Brown est arrivé à l'heure au sommet européen de Bruxelles, le premier rendez-vous bruxellois auquel il participait depuis qu'il a succédé à Tony Blair fin juin. La presse britannique, même la plus eurosceptique, critiquait unanimement vendredi sa visite-éclair jeudi à Lisbonne. M. Brown y a signé le traité remplaçant la défunte Constitution, trois heures après les autres dirigeants européens, et après le départ de nombre d'entre eux. Londres était représenté à la cérémonie uniquement par son ministre des Affaires étrangères David Miliband. "C'est un signe de mépris inutile à l'égard des autres dirigeants européens qui, pour certains, ont attendu en vain M. Brown au déjeuner à la demande de la présidence portugaise", fulminait vendredi, en marge du sommet, le président du groupe libéral au Parlement européen, le Britannique Graham Watson.

Brown "s'est en fait tiré dans les deux pieds, il a énervé les anti-Européens en signant le traité et les pro-Européens en semblant ne pas vouloir le faire", résumait le journal The Times. Mais le Premier ministre britannique estime qu'il s'agit d'une "polémique sur rien", a précisé vendredi son porte-parole, en rejetant toute idée d'une détérioration des relations entre le Royaume-Uni et ses partenaires européens. Le Premier ministre a "une bonne relation" avec le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, a souligné le porte-parole. M. Barroso, qui pousse comme les Britanniques pour plus d'ouverture de l'économie européenne à la concurrence, n'a néanmoins pas caché récemment qu'il aimerait voir le Royaume-Uni prendre sa place "au coeur de l'Europe". "Sarkozy et Merkel prennent des initiatives, ce serait bien que le Royaume-Uni fasse la même chose", a-t-il commenté devant des journalistes.

La chancelière allemande Angela Merkel ou le président français Nicolas Sarkozy ont envoyé des signaux forts à l'Europe dès leur arrivée au pouvoir, en contribuant à débloquer des dossiers fondamentaux comme le budget ou le traité européens. En six mois à Downing Street, le ténébreux Gordon Brown, qui a toujours freiné une adoption de l'euro par son pays, est resté relativement coi sur les questions européennes et n'a pas jugé bon de venir à Bruxelles, comme le font habituellement les dirigeants européens dès leur arrivée au pouvoir.

A son arrivée au sommet de Bruxelles, il n'a fait aucune allusion à son retard à Lisbonne. "Hier les dirigeants ont signé un traité amendé. Aujourd'hui un chapitre différent commence, où nous regardons les défis de la mondialisation, l'emploi, la prospérité, l'investissement, la réforme économique, l'environnement, le changement climatique et les défis sécuritaires", a-t-il simplement indiqué. Il n'a rien dit sur le Kosovo, principal sujet de ce sommet, évoquant uniquement la signature prévue vendredi d'"une déclaration sur la mondialisation", document rédigé à l'initiative de la Grande-Bretagne qui souligne les "opportunités" mais aussi les nouveaux défis posés par la mondialisation.

De retour à Londres, M. Brown, qui a refusé d'organiser un référendum sur le nouveau traité européen, devra déployer toute son énergie pour le faire ratifier au Parlement de Westminster, qui décidera "si le texte peut être transposé dans la législation britannique", selon son porte-parole. Malgré la foule de dérogations obtenues par Londres à ce traité - sur la Charte des droits fondamentaux ou le renforcement de la coopération judiciaire et policière - la partie n'est pas gagnée à l'avance, notait vendredi un parlementaire.

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