Une ancienne enseignante de sciences politiques de l'Université nationale du Rwanda (UNR) a été condamnée jeudi 13 décembre à 19 ans de réclusion par un tribunal semi-traditionnel rwandais "gacaca" pour complicité d'assassinat pendant le génocide rwandais en 1994, a-t-on appris samedi auprès d'une ONG.
Marie-Thérèse Kampire a été reconnue coupable de complicité d'assassinat de l'épouse de son collègue tutsi, le professeur de physique Pierre Claver Gasana, et a ainsi vu sa peine de première instance confirmée, a précisé samedi à l'AFP Elisabeth Mukajambo, observatrice des procès auprès de la Ligue des droits de la personne dans la région des Grands lacs (LDGL), installée à Kigali. Le professeur Gasana avait été tué pendant le génocide.
L'UNR, la principale université du pays en 1994, a déploré de nombreuses pertes pendant le génocide, des professeurs et des étudiants ayant été tués pour certains à l'instigation de leurs collègues. La plupart des juges de la juridiction d'appel de Huye, le secteur abritant l'UNR, enseignent dans cette université. Inspirées des anciennes assemblées où les sages du village réglaient des différends, assis sur le gazon (gacaca en langue rwandaise), ces juridictions sont chargées de juger la plupart des responsables présumés du génocide de 1994 qui a fait, selon l'ONU, près de 800.000 tués, essentiellement au sein de la minorité tutsie. (belga)


