Alain Juppé, ancien Premier ministre, affirme dans une interview aux Echos à paraître mardi que le président Nicolas Sarkozy "a fait beaucoup de choses" depuis son élection et que "globalement, la France bouge".
M. Sarkozy "a fait beaucoup de choses. La riposte à la crise a été ce qu'elle devait être", affirme M. Juppé. "L'Europe a été désembourbée avec la signature du traité simplifié. Et surtout, même si c'est plus une continuité qu'une rupture, on est en train de changer la donne universitaire. C'est fondamental parce que c'est là que se joue la compétitivité française", a-t-il ajouté.
Le maire de Bordeaux estime que "bien sûr, comme le chef de l'Etat est sur tous les fronts, tout ne marche pas et des adaptations sont parfois des reculs, mais, globalement, la France bouge", soutient-il. A propos du collectif budgétaire, intégrant les investissements d'avenir, qui sera présenté mercredi en Conseil des ministres, Alain Juppé, qui a co-présidé, avec l'ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard, une commission sur le grand emprunt, se félicite d'avoir été suivi par le gouvernement.
"Les préconisations de notre commission sur les investissements d'avenir ont été reprises à 99 %" et "l'esprit de notre rapport est parfaitement respecté", fait-il valoir. "Il s'agit d'une opération à caractère exceptionnel marquée par des dépenses vraiment ciblées sur l'investissement et cohérentes avec la stratégie de sortie de crise", affirme-t-il. Il estime également que "la suppression de 100.000 postes de fonctionnaires a été très courageuse" car "c'est un passage obligé pour réduire le déficit et la dette".
M. Juppé explique également qu'il n'est pas favorable à l'inscription dans la Constitution d'une limite au niveau de déficit. "Nous en avions longuement discuté au sein de la commission" mais "je pense que multiplier les règles, cela fait plaisir mais cela ne sert pas à grand-chose. Et je ne crois pas à la vertu constitutionnelle sur ce type de sujet", ajoute-t-il.
A propos du relèvement de l'âge de la retraite, l'ancien chef du gouvernement affirme que cette mesure est "inéluctable" et que "la règle de la retraite à 60 ans est devenue totalement obsolète" "Il est incontournable d'envisager la prolongation de la durée d'activité et le relèvement de l'âge légal de départ, le tout en prenant en compte la pénibilité des tâches", soutient-il. (afp)


