Un avion éthiopien s'écrase au Liban, 18 corps retrouvés
7S7 mise à jour
Un Boeing 737 d'Ethiopian Airlines avec 90 personnes à bord s'est abîmé en mer lundi au large du Liban peu après son décollage de Beyrouth, les autorités libanaises excluant dans l'immédiat un acte terroriste.
"Nous avons écarté tout acte de sabotage", a indiqué le président libanais Michel Sleimane. "C'est un drame douloureux, un événement tragique. Nous ne ménageons pas nos efforts pour tenter de retrouver des rescapés", a-t-il poursuivi. Selon le Premier ministre Saad Hariri, 18 corps ont été retrouvés sur les lieux du crash, à environ 2,5 milles nautiques au large des côtes de Naameh (à environ 12 km) au sud de Beyrouth.
Lundi a été décrété journée nationale de deuil. "Les efforts seront concentrées sur la recherche d'éventuels survivants au cours des 72 heures à venir", a indiqué un responsable du ministère de la Défense. Le ministre des Transports Ghazi Aridi a précisé que le vol 409 d'Ethiopian Airlines avait "soudainement" perdu le contact avec la tour de contrôle de l'aéroport de Beyrouth peu après son décollage pour Addis Abeba à 02H30 (00H30 GMT).
Des témoins ont raconté avoir vu une boule de feu plonger dans la mer. Le responsable du ministère de la Défense a précisé que le Boeing 737 s'était désintégré en quatre morceaux avant de s'abîmer, les enquêteurs tentant de déterminer si l'appareil avait été frappé par la foudre. Depuis deux jours, les conditions météorologiques sont très mauvaises au Liban, où déferlent des tempêtes accompagnées de fortes pluies.
Selon M. Aridi, 54 Libanais, dont trois avaient la double nationalité britannique, russe et canadienne, 22 Ethiopiens, une Française et un Britannique figuraient parmi les passagers. L'appareil transportait aussi sept membres d'équipage. L'épouse de l'ambassadeur de France au Liban, Denis Pietton, se trouvait à bord, a déclaré un responsable du gouvernement libanais. "Sur la liste des passagers figure Marla Sanchez Pietton, l'épouse de l'ambasseur de France au Liban", a-t-il dit.
L'armée libanaise, la marine et la force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) assistent les équipes de sauveteurs sur le site de la catastrophe, a indiqué le ministre, ajoutant que les autorités avaient contacté "tout le monde, dans et à l'extérieur du pays" pour aider aux opérations de secours. Les Etats-Unis ont également offert l'assistance d'un avion de surveillance sous-marine P-3, selon un responsable du ministère de la Défense.
Un hélicoptère de l'ONU venu de Chypre et un navire allemand de la Finul participent au recherche. A l'aéroport, où un espace leur a été réservé, les familles affluaient en quête d'informations sur le sort de leurs proches. "Pourquoi, pourquoi!," criait une femme en larmes. "Je sais qu'ils ne vont pas le trouver", s'écriait une autre, évoquant son mari. Des personnes évanouies étaient prises en charge par des volontaires de la Croix-Rouge.
Des milliers d'Ethiopiens sont employés au Liban comme employés de maison et la compagnie éthiopienne assure des vols réguliers entre Addis Abeba et Beyrouth. M. Aridi a précisé qu'une commission d'enquête avait été établie pour déterminer les causes de l'accident. Il a ajouté que le Bureau français d'Enquêtes et d'Analyses (BEA) pour la sécurité de l'aviation civile participait à l'enquête. De son côté, Ethiopian Airlines a dépêché une équipe d'enquêteurs au Liban pour déterminer les causes de l'accident, a annoncé la compagnie à Addis Abeba. (afp/mb)