Eric Piedoie, 55 ans, principal prévenu dans le procès des "faux César", jugé en décembre par le tribunal correctionnel de Grasse, a été condamné lundi à quatre ans de prison ferme. Jean-Charles Villa, également accusé d'avoir inondé le marché de contrefaçons après la mort du sculpteur en 1998, a été condamné à trois ans ferme.
Le tribunal a suivi les réquisitions du procureur, Arnaud Faugère, qui avait accusé Piedoie d'être un faussaire incapable de s'arrêter à cause de son "goût immodéré de l'argent". Un galeriste parisien, Laurent Strouk, qui possède une galerie dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés, a été condamné à un an avec sursis. Accusé d'avoir acquis sciemment une cinquantaine de faux César, il faisait partie de "ceux qui n'ont pas voulu voir" que les faux étaient des faux, selon le procureur. Un marchant d'art belge, Guy Pieters, accusé de recel, a été relaxé.
Le frère de Piedoie, Franck, qui était notamment accusé d'avoir réalisé plusieurs oeuvres "en hommage" ou "à la manière de" Giorgio Morandi, le grand peintre de Bologne, a été condamné à un an avec sursis. Eric Piedoie, 55 ans, avait réalisé de très nombreuses fausses oeuvres de César (notamment des compressions avec des petites voitures et des cannettes de Coca-Cola) dans un garage à Grasse. A l'audience, il avait affirmé qu'il n'avait jamais fait de contrefaçons, mais seulement des oeuvres "à la manière de" César.
Des oeuvres de César qui valaient à l'époque plusieurs centaines de milliers de francs étaient revendues pour quelques dizaines de milliers, tirant la cote vers le bas. Les policiers avaient été mis sur la piste de ce trafic dans le cadre d'une enquête ouverte après le vol de quatre toiles de maître dans une galerie de Saint-Paul-de-Vence, en 2001.
Eric Piedoie a un casier judiciaire chargé, où figurent 21 condamnations pour contrefaçons mais aussi pour cambriolage, conduite en état d'ivresse et trafic de drogue. (afp)
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