Même en l'absence d'invitation formelle, la probabilité que le roi Albert II se rende à Kinshasa pour assister aux commémorations du 50ème anniversaire de l'indépendance de la République démocratique du Congo, le 30 juin prochain, s'est renforcée cette semaine, après le coup de pouce donné par la vice-Première ministre Laurette Onkelinx.
"Mon avis, quel est-il? C'est que le roi doit évidemment venir. Je pense que si le roi ne répond pas à cette invitation, on aura cette impression qu'il y a comme une nostalgie de la colonisation. Et pas la volonté, au contraire, de soutenir ce travail autour de l'indépendance du Congo et de la reconstruction", a-t-elle affirmé lors d'une visite en RDC.
Marque de respect
Mme Onkelinx a rencontré vendredi le président congolais Joseph Kabila, qui "a émis clairement le désir que le roi se rende aux cérémonies", a-t-elle précisé. "Je lui ai dit aussi que je souhaite que le roi soit présent, comme marque de respect", a ajouté la ministre.
Le président congolais avait annoncé le 19 janvier dernier avoir invité le souverain belge à assister aux commémorations du cinquantenaire de l'indépendance de l'ex-Congo belge à l'issue d'un entretien avec le ministre belge des Affaires étrangères, Steven Vanackere, près de Lubumbashi (sud-est de la RDC). Une invitation sur laquelle le gouvernement aura à se prononcer dans les prochaines semaines.
M. Vanackere avait assuré mercredi au parlement que le gouvernement avait "encore du temps" avant de répondre à l'invitation - encore orale - lancée par le chef de l'Etat congolais au roi des Belges. "Sans trop gros accidents dans les prochaines semaines et mois, le roi ira le 30 juin à Kinshasa", prédisait néanmoins samedi le journal De Standaard, en soulignant qu'un consensus est en train de se former au sein du gouvernement.
Une visite royale en RDC avait déjà été fréquemment évoquée au printemps 2007, lors des derniers mois du gouvernement Verhofstadt II. Elle ne s'est toutefois jamais concrétisée faute de consensus au sein de l'équipe gouvernementale, notamment de la part du sp.a - mais qui est désormais dans l'opposition.
Parler de ce qui ne va pas
Au sein de l'actuelle coalition pentapartite, l'Open Vld - le parti de l'ex-ministre des Affaires étrangères Karel De Gucht, responsable d'une crise diplomatique de neuf mois en raison de son franc-parler vis à vis de la corruption en RDC - a affirmé, par la voix de la député Hilde Vautmans, "soutenir la normalisation des relations belgo-congolaises" mais en réclamant du gouvernement qu'il "parle de ce qui ne va pas" en RDC.
'La Libre Belgique' a aussi révélé jeudi que le Palais royal s'était "très discrètement assuré que les cérémonies officielles de lancement de la présidence belge de l'Union européenne n'auraient pas lieu le 1er juillet mais bien le 2 juillet". Ce qui permettrait à Albert II d'assister aux commémorations qui auront lieu le 30 juin à Kinshasa et d'être de retour à Bruxelles pour le lancement officiel de la présidence européenne - un événement capital pour la Belgique.
Selon des sources congolaises, l'invitation formelle au souverain ne partira de Kinshasa que lorsque la présidence aura la certitude que la réponse sera positive. Le gouvernement a "encore du temps" pour décider, a admis mercredi M. Vanackere à la Chambre. Ce qui reporte de facto à mars ou avril le moment où la décision devra être prise, selon les observateurs. (belga)


