Deux nouveaux salariés du groupe France Télécom se sont suicidés ces derniers jours, a annoncé vendredi la direction du géant des télécommunications, déjà endeuillé par une série de suicides liés, selon les syndicats, à ses méthodes de management.
"L'entreprise est sous le choc", a déclaré un porte-parole. Ces deux cas portent à cinq le nombre de suicides de salariés depuis début janvier, tous en dehors de leur lieu de travail. Au 31 décembre dernier, le nombre de suicides de salariés de France Télécom en deux ans (2008 et 2009) était établi à 35, selon les syndicats. Le 1er décembre, la direction faisait état de 32 suicides en deux ans.
Le dernier cas est celui d'un salarié âgé de 32 ans, employé à Dijon dans le domaine des services aux entreprises, qui s'est suicidé jeudi soir à son domicile. D'après une source syndicale, il était cadre. Après un arrêt longue maladie, il était revenu au travail il y a quelques mois. L'autre cas est celui d'un technicien d'une cinquantaine d'années vivant dans l'ouest de la France, qui s'est donné la mort dans une forêt mardi.
La direction ne privilégie ni n'exclut aucune hypothèque quant à un lien éventuel avec le travail. La vague de suicides au sein du groupe avait mis sur la sellette les méthodes du géant des télécoms pour adapter un ancien monopole public encore composé de 65% de fonctionnaires, au nouveau monde ultra-concurrentiel de la téléphonie et de l'internet.
Un questionnaire sur le stress au travail envoyé aux 102.000 salariés du groupe, et auquel 80.000 avaient répondu en décembre 2009, avait confirmé le profond malaise au sein de l'entreprise. Des négociations entamées en septembre sous la pression du gouvernement, sont sur le point d'aboutir et deux accords, sur l'équilibre vie privée-vie professionnelle et sur la mobilité, seront soumis à signature le 19 février. (belga)


