Conscients que leurs discours passent mal auprès d'électeurs blasés par leurs vaines promesses, les partis politiques irakiens ont choisi de les séduire avec des chansons.
En campagne pour les élections législatives du 7 mars, ils font appel à des poètes et des chanteurs pour vanter les qualités de leurs candidats, sur des airs rythmés que diffusent la cinquantaine de chaînes de télévision et de radio du pays.
"Alliance nationale, nous sommes avec toi, tout le peuple suit tes pas et vote pour toi", assure un chanteur accompagné d'un choeur sur la télévision Al-Forat, qui appartient aux chiites conservateurs du Conseil suprême islamique d'Irak (CSII) d'Ammar
al-Hakim.
"Hachémi oh Hachémi, tu as réalisé les promesses du peuple", assurent al-Babyliya et d'autres chaînes sunnites à la gloire de Tarek al-Hachémi, vice-président sortant et candidat de la liste laïque du Bloc irakien.
"Les Irakiens sont sentimentaux comme tous les Arabes, on peut les gagner par la musique, pas par les discours", explique Ahmad Mahdi, chargé de la presse à Al-Forat TV. Pour lui, cette nouvelle forme de propagande électorale est "une aubaine" pour certains paroliers.
"Nous payons 1.000 dollars par chanson mais souvent des poètes et chanteurs travaillent gratuitement, car cela leur permet d'apparaître à l'écran et parce qu'ils sont convaincus de l'importance de mobiliser l'électorat".(belga/chds)


