Le gouvernement souhaite voir la Monuc se retirer totalement de la République Démocratique du Congo au courant de l'année 2011 et reconfigurer son mandat vers le soutien aux efforts de renforcement des capacités organisationnelles, opérationnelles et d'encadrement des FARDC, de la Police et des forces de sécurité ainsi que vers l'appui à la réforme de l'appareil judiciaire du pays.
Le ministre de la Communication et des médias, Lambert Mende Omalanga, porte parole du gouvernement, l'a déclaré jeudi au cours d'un point de presse, précisant que les hauts responsables des Nations Unies ont été informés de cette position gouvernementale qui fait l'objet de discussions de haut niveau entre les deux parties et dont les conclusions seront bientôt sur la table du Conseil de sécurité des Nations Unies.
Pour le gouvernement congolais, le désengagement des forces de la Monuc commence par celles qui étaient déployées dans les zones non perturbées du pays. Ces forces doivent être transférées, d'ici à la fin de l'année 2010, vers les deux provinces du Nord Kivu et du Sud Kivu qui font encore l'objet d'incursions des groupes armés.
La reconfiguration du mandat de la Monuc intègre, selon Kinshasa, les principes essentiels du respect de l'indépendance et de la souveraineté de la RDC, la mise en oeuvre du plan national de réforme du système de sécurité élaboré par le gouvernement, l'abrogation du cadre stratégique intégré qui a instauré de facto, depuis 2003, une subordination des agences spécialisées des Nations Unies oeuvrant dans le pays à la Monuc, le renforcement des institutions de l'Etat congolais, notamment la rétrocession à l'Etat de ses missions traditionnelles et le retrait progressif des forces de la Monuc en suivant un calendrier précis.
Selon M. Mende, il n'y a aucune contradiction entre le concept de reconfiguration et de retrait progressif. "Il s'agit de deux actions appelées à se succéder en se complétant", a déclaré le porte-parole du gouvernement, qui a qualifié de "globalement satisfaisant" le travail abattu par la Monuc en République Démocratique du Congo de 1999 à 2009.
M. Mende qui a, par ailleurs, évoqué le récent rapport de la commission des droits de l'homme des Nations Unies sur la RDC , a dénoncé la stratégie de cette organisme qui consiste à indexer le Congo dans le but de le discréditer et d'interférer sur les décisions attendues. Il recommande au haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme de privilégier une approche diachronique et de cesser de s'en tenir au sensationnel qui élude la vérité.(belga/chds)


