Kadhafi promet de juteux contrats à l'Espagne

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Par: rédaction
18/12/07 - 17h05
Khadafi a rencontré le roi Juan Carlos.
José Luis Rodriguez Zapatero s'est entretenu avec le "guide" libyen.
La visite d'Etat du dirigeant libyen en France fut nettement plus médiatisée.

Ex-bête noire des Occidentaux, Mouammar Kadhafi achève mardi en Espagne un périple européen d'une dizaine de jours pendant lequel il a, depuis Paris et Madrid, officialisé sa réhabilitation internationale en échange de promesses de milliards d'euros de contrats.

Arrivé lundi en visite officielle dans la capitale espagnole après un séjour controversé en France, le leader libyen a rencontré le chef de gouvernement socialiste José Luis Rodriguez Zapatero. A l'issue de l'entretien, le gouvernement espagnol a évoqué la "possibilité de contrats" pour des entreprises espagnoles d'un total de 11,8 milliards d'euros, dans les secteurs de la défense/aéronautique, de l'énergie et des infrastructures.

Rencontre avec les magnats du pétrole
Le "guide" libyen a rencontré mardi matin un groupe de chefs d'entreprise espagnols dans sa tente bédouine, installée dans les jardins du palais du Pardo, l'ancienne résidence officielle du dictateur Franco, aujourd'hui réservée aux invités de marque de l'Etat espagnol. Parmi les patrons espagnols invités sous la "jaima" figurent ceux des pétroliers espagnols Repsol YPF et Cepsa -filiale du pétrolier français Total-, du groupe gazier Enagas, et de Casa, filiale espagnole du géant de l'aéronautique européen EADS. Cette rencontre pourrait permettre de concrétiser les contrats évoqués de manière purement générale, la veille, par le gouvernement de M. Zapatero, alors que la Libye bénéficie d'une forte croissance depuis la levée des sanctions de l'ONU en 2003 et grâce à la flambée des prix pétroliers.

"Les droits de l'homme non évoqués"
Dans son communiqué, la présidence du gouvernement espagnol s'est s'étendue sur les perspectives économiques ouvertes par le déplacement mais s'est abstenue d'évoquer la question épineuse des droits de l'homme. M. Zapatero "a communiqué à Kadhafi l'intérêt de l'Espagne à établir un terrain global de coopération pour contribuer à un futur de paix, stabilité, démocratie, liberté, justice et prospérité", s'est borné à indiquer La Moncloa. Questionné sur ce point, le numéro deux du Parti socialiste espagnol (PSOE), José Blanco avait rapidement, lundi, évacué le thème, soulignant le caractère positif "pour l'Espagne" de la visite du dirigeant libyen.

Séjour moins médiatisé
Le déplacement de Kadhafi en Espagne n'a cependant pas soulevé le flot de critiques suscitées en France, par le voyage officiel de cinq jours du colonel à Paris. Il est vrai que le séjour a été moins long et moins médiatisé, avec une très discrète partie privée, dans le sud de l'Espagne, samedi et dimanche. Le leader libyen n'a pas fait d'apparition publique comme cela avait été le cas à Paris avec sa participation à un débat sur la "situation de la femme dans le monde" et ne s'était pas publiquement exprimé quelques heures avant son départ.

El Pais s'interroge
Toutefois, la presse espagnole ne se privait pas d'évoquer mardi une "tournée européenne qui discrédite la cause de la démocratie en Afrique" comme l'écrit le grand quotidien de centre-gauche El Pais, qui s'interroge sur la différence de traitement entre Kadhafi et le "dictateur du Zimbabwe Robert Mugabe". En France, le président Nicolas Sarkozy avait rejeté les critiques, expliquant qu'il fallait "parler à tout le monde", encourager la marche de la Libye vers la "respectabilité", et évoquant des retombées commerciales de plus de 10 milliards d'euros.

Déjeuner royal
L'étape espagnole du colonel Kadhafi devait prendre fin mardi après-midi après une visite à la mairie de Madrid où il devait se voir remettre les clefs de la ville par le maire conservateur Alberto Ruiz-Gallardon, et un déjeuner avec le roi Juan Carlos au palais royal. Après ce séjour, Kadhafi devait rentrer directement à Tripoli, sans s'arrêter en Italie, comme cela avait été évoqué un temps par des sources gouvernementales françaises et espagnoles.

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