Le président tchadien Idriss Deby Itno
Le président tchadien Idriss Deby Itno a critiqué l'excès de démocratie et de liberté qui selon lui "détruit la société", dans un discours dans lequel il est revenu pour la première fois sur les récents combats contre des rebelles, a rapporté jeudi la radio nationale.
"Le pays entier doit faire bloc derrière son gouvernement", a-t-il déclaré mercredi devant la communauté musulmane à l'occasion de l'Aïd el-Kebir.
"Dans quel pays au monde vous avez vu un chef de l'Etat prendre un Toyota pick-up et partir à la guerre? ", a demandé le président Deby, qui a participé en première ligne à une partie des violents combats qui se sont succédé du 26 novembre au 4 décembre dans l'est du Tchad.
"Vous pensez que c'est parce que j'aime le pouvoir que je le fais? Pas du tout, je suis parti parce que je ne veux pas que le Tchad replonge dans une guerre civile", a-t-il poursuivi. Idriss Deby, qui a perdu plusieurs membres de son entourage lors des affrontements, d'après des sources militaires, a estimé avoir "payé un prix lourd pour la démocratie et la liberté".
"Le moment est venu de faire une nouvelle analyse. Trop de liberté tue la liberté. Trop de liberté, nous tombons dans le désordre. Trop de démocratie détruit la société", a-t-il lancé. "J'ai beaucoup pardonné, j'ai beaucoup laissé faire au nom de la liberté. Le moment est venu pour que chacun reconnaisse la loi et le droit", a-t-il conclu. "Je suis surpris aujourd'hui qu'entre nous-mêmes au sein de la communauté tchadienne il y a des valets pour le Soudan. L'argent du Soudan circule, le recrutement se fait au vu et au su de tout le monde par le Soudan à l'intérieur de notre territoire", a-t-il ajouté, accusant une nouvelle fois Khartoum de soutenir les rebelles.


