Des preuves suffisantes pour inculper Jacob Zuma

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Par: rédaction
20/12/07 - 11h02

La justice sud-africaine dispose d'assez d'éléments pour inculper de corruption Jacob Zuma , le tout nouveau président du Congrès national africain (ANC, au pouvoir), a annoncé ce jeudi le procureur général d'Afrique du Sud.

"Nous avons suffisamment d'éléments pour le déférer en justice", a affirmé Mokotedi Mpshe, à la radio privée 702. Interrogé sur l'éventualité d'une inculpation rapide, Mpshe a répondu: "Oui, c'est mon impression".

"L'enquête est terminée. Nous peaufinons en ce moment les derniers détails. L'enquête, avec les preuves dont nous disposons maintenant, constitue un dossier qui peut être présenté au tribunal", a-t-il ajouté.

Jacob Zuma a été élu mardi président de l'ANC écartant largement son rival, le chef de l'Etat Thabo Mbeki, qui briguait un troisième mandat à la tête du parti au pouvoir.

Le conseiller financier de Zuma, Schabir Shaik, purge actuellement une peine de 15 ans de prison, après avoir été condamné en 2005 pour avoir sollicité des pots-de-vin au profit du nouveau leader de l'ANC, dans une affaire de contrat d'armement avec la filiale sud-africaine du groupe français Thales. Cette affaire avait valu à Zuma d'être limogé par Mbeki de la vice-présidence de la République et d'être à son tour inculpé pour corruption. Mais en septembre dernier, il a bénéficié d'un non-lieu, le ministère public ne disposant pas alors de suffisamment de preuves contre Zuma.

Mpshe a déclaré jeudi à 702 qu'il était conscient que les partisans de Zuma allaient considérer cette annonce comme un nouvel épisode du "complot" dont ils estiment leur leader victime. Le nouveau trésorier général de l'ANC, Mathews Phosa, a pour sa part déclaré à la radio que les menaces de poursuites pesant sur Zuma n'étaient qu'"un nuage manipulé par les Scorpions", unité d'enquête d'élite, qu'il a qualifié de "commando".

Des membres de l'ANC ont estimé mercredi que cette unité, dépendant des services du procureur général, devrait être démantelée. Mpshe a cependant souligné que le parti au pouvoir n'avait pas autorité pour cela, rappelant que "les Scorpions ne sont pas une branche de l'ANC".

Phosa, un allié de Zuma, a reproché au procureur général de parler publiquement de l'affaire. "Je ne sais pas pourquoi M. Mpshe dévoile des éléments aux médias (...) et viole de cette façon la procédure à suivre. C'est symptomatique d'un abus de pouvoir par ce gouvernement", a-t-il dénoncé, l'accusant de "discréditer Zuma". (afp)

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