Le bras droit de la ministre française du Logement a démissionné jeudi après que la presse eut révélé qu'il bénéficiait d'un appartement à loyer modéré de la ville de Paris, une information qui a provoqué critiques et remous en pleine polémique sur le sort des sans-abris.
"Mon directeur de cabinet (Jean-Paul Bolufer) m'a présenté sa démission ce matin, afin de pouvoir retrouver sa pleine liberté de parole et ne pas entraver l'action que je conduis par une polémique inutile", a déclaré la ministre, Christine Boutin. "Comprenant l'émoi qu'a pu provoquer dans l'opinion et les médias cette situation", Mme Boutin a "accepté" cette démission. Peu auparavant, le Premier ministre François Fillon avait "jugé nécessaire la démission" de M. Bolufer.
L'hebdomadaire satirique le Canard Enchaîné a révélé mercredi que M. Bolufer louait un appartement de 190m2 dans un quartier bourgeois de Paris au prix de 6,30 euros le m2 (contre 20 à 30 euros le m2 en moyenne dans ce quartier). Le ministère du Logement a confirmé cette information en expliquant que l'appartement était loué par M. Bolufer depuis 1981 au tarif fixé par la Régie immobilière de la ville de Paris (RIVP). La RIVP a pour sa part indiqué avoir demandé le 14 décembre à M. Bolufer de donner sans délai son congé de l'appartement.
Sans-abris
Ces révélations ont eu un retentissement particulier au moment où des associations accusent le gouvernement de ne pas faire assez pour les sans-abris, alors que des milliers de personnes dorment dans la rue en France et que le pays fait face à une vague de froid. La réaction la plus forte est venue du sein même du gouvernement, où le Haut commissaire aux solidarités Martin Hirsch, venu du monde associatif, avait estimé que M. Bolufer devait "proposer sa démission".
Il a souligné que ceux qui ont des responsabilités en matière de logement se devaient d'être "exemplaires". Près d'un million de personnes en France n'ont pas de logement permanent et environ 100.000 personnes vivent dans la rue, selon l'association ATD Quart Monde. La gestion du parc locatif social en France a été régulièrement critiquée notamment en raison de l'octroi de logements par favoritisme.


