Des 27 pays de l'OTAN possédant une armée, la Belgique est, après la Slovénie, celui qui consacre le plus faible pourcentage de ses dépenses de défense (8,2%) au renouvellement de son matériel militaire, a indiqué jeudi l'Alliance atlantique, en relevant que seuls cinq des 28 alliés affectent au moins 2% de leur Produit intérieur brut (PIB) à leur défense.
En queue de peloton
Dans un document intitulé "Données économiques et financières concernant la défense de l'OTAN", l'Alliance souligne qu'une très large part des dépenses de défense belges va au personnel militaire et civil, qui absorbait à lui seul en 2009 74,5% du total, en hausse par rapport aux 72% de 2008 mais en baisse par rapport aux 78,9% de 2007.
En ce qui concerne les dépenses d'équipements (principalement les achats de matériel), la Belgique se situe en avant-dernière position. La Lettonie occupe la dernière place, avec 5,4%, et la Slovaquie l'antépénultième avec 8,6%. Selon l'OTAN, la Belgique n'a consacré en 2009 que 8,2% de ses dépenses de défense à cette fin (le même pourcentage qu'en 2008 mais en hausse par rapport aux 4,8% de 2007).
Les USA à l'autre extrémité de l'échelle
Les Etats-Unis se situent à l'autre extrémité de l'échelle, avec 30% de leur budget militaire consacré à l'équipement, devant le Luxembourg (28,2%) et la France (27%). Le ministère belge de la Défense relativise généralement ces chiffres, tout en faisant la distinction entre le "budget de la Défense" et les "dépenses de défense", une notion plus large qui englobe notamment les pensions des militaires.
L'OTAN ne tient en outre compte que des "gros investissements". Tous les "petits" achats n'entrent donc pas en ligne de compte, affirme le ministère qui estime dès lors investir davantage que les 8,2% calculés par l'OTAN.
Question de proportions "saines"
Les différents plans de restructuration de l'armée adoptés depuis 2000 prévoyaient d'augmenter significativement les dépenses d'équipements, de manière à ramener la structure du budget de la Défense à des proportions qualifiées de "saines": 50% pour le personnel, 25% pour les investissements (matériels et infrastructures) et 25% pour le fonctionnement (dont l'entraînement).
Le même document, publié au premier jour d'une réunion des ministres de la Défense alliés, révèle un recul des dépenses de défense belges entre 2008 et 2009, qui sont passées de 4,293 milliards d'euros à 4,048 milliards. En pourcentage du PIB, les dépenses de défense belges ont fortement reculé, de 2,7% en moyenne dans les années 1985-1989 à 1,2% au cours des deux dernières années, en légère hausse par rapport au 1,1% des années 2005 à 2007.
Sur fond de crise financière
Cette tendance à la baisse ou à la stagnation se confirme dans la plupart des pays de l'Alliance, à l'exception de la République tchèque et de la Grèce - mais avant la crise financière. Les Etats-Unis demeurent quant à eux premiers du classement, en consacrant 4% de leur PIB à la Défense, suivis par la Grèce (3,1), le Royaume-Uni (2,7), la France (2,1) et l'Albanie (2). Tous les autres pays sont sous la barre des 2% souhaités par l'OTAN et seule l'Islande ne dispose pas d'armée.
Le rapport de l'OTAN évoque enfin les réductions d'effectifs qui ont touché les armées alliées depuis la fin de la Guerre froide. En Belgique, l'effectif moyen est passé de 106.000 (gendarmerie comprise) en 1990 puis à 47.000 en 1995 (après la démilitarisation de la gendarmerie et la fin du service militaire obligatoire) pour se réduire à 36.000 hommes et femmes en 2009. L'objectif du ministre démissionnaire de la Défense, Pieter De Crem est d'atteindre 34.000 militaires et civils d'ici fin 2010.
Le personnel de la Défense ne représente plus que 0,8% de la population active, contre 2,8% en 1985. (belga/th)
Connectez-vous ou enregistrez-vous pour réagir!


