Un nouveau cas de bébé congelé après la naissance a été découvert ce week-end dans l'Aude, mais cette fois c'est la mère qui est allée elle-même raconter l'affaire aux gendarmes, plusieurs mois peut-être après les faits. Les causes de la mort de l'enfant ne sont pas claires.
Mais c'est la deuxième fois en une semaine qu'un nouveau-né est retrouvé mort dans un congélateur. Dans l'Aude même, le dernier cas de bébé congelé n'est pas si ancien. Cette fois, c'est à Lasbordes, localité de quelques centaines d'habitants située entre Castelnaudary et Carcassonne, que les gendarmes ont trouvé un bébé enfermé dans un sac plastique dans le congélateur, a indiqué lundi le procureur de Carcassonne, Francis Battut.
En garde à vue
Les gendarmes avaient été conduits sur place par les déclarations de la mère, venue se présenter spontanément dimanche. Agée d'une trentaine d'années, elle continuait à être entendue lundi à Castelnaudary, où elle a été placée en garde à vue. Elle a déclaré aux gendarmes qu'elle ignorait être enceinte, qu'elle avait fait une chute et qu'elle avait été prise de contractions. Les faits dateraient du début de l'année. On ignore ce qui l'a poussée à avouer. On ignore aussi comment et quand l'enfant est mort, ainsi que son sexe.
Parmi les innombrables interrogations soulevées par cette affaire, les enquêteurs doivent à présent essayer de déterminer si l'enfant est né vivant ou pas. Dans l'éventualité où l'enfant aurait été mort-né, la justice devra répondre à cette question: une mère est-elle passible de poursuites si elle place son bébé mort dans le congélateur?
Inédit
Convenant du caractère extraordinaire de cette situation, le procureur a admis qu'il avait jusqu'à présent vainement examiné les textes à la recherche d'une infraction pénale correspondant à un tel cas. L'autopsie qui devait être pratiquée par deux légistes à Carcassonne pourrait aider les enquêteurs, mais même cela n'est pas acquis, a concédé le procureur. Celui-ci a aussi ordonné des expertises psychiatriques de la mère.
L'entourage de la jeune femme, à commencer par son compagnon, était appelé à être entendu. Cette affaire en rappelle d'autres, qu'elles relèvent du déni de grossesse ou de la détresse personnelle. Dans l'une des plus retentissantes, Véronique Courjault a été condamnée en 2009 à huit ans de prison pour avoir tué à la naissance trois de ses enfants, dont deux avaient été découverts en 2006 par son mari dans le congélateur familial en Corée du Sud.
Il y a quelques jours seulement, un nouveau-né avait été découvert mort, lui aussi soigneusement emballé dans un plastique, tout près de Metz. Là aussi s'était posée la question d'ouvrir une information judiciaire pour homicide ou de renoncer aux poursuites. Dans le département de l'Aude même, une mère vivant près de Castelnaudary avait été écrouée en février après avoir avoué avoir tué deux nouveau-nés en 2006 et 2007. Elle avait un amant, à qui elle avait caché ses grossesses, tout comme à son mari, et avait accouché dans un bois sur la banquette arrière de sa voiture.
Selon son avocat, elle aurait incinéré les corps après les avoir gardés dans un congélateur, quelques jours pour l'un, quelques heures pour l'autre. (belga)
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