Le président de L'Arche de Zoé, Eric Breteau, a contesté vendredi, devant la Cour criminelle qui le juge pour enlèvement de mineurs, les charges pesant sur lui, réaffirmant notamment que les enfants que son association projetait d'emmener du Tchad en France étaient bien Soudanais.
"Je conteste les faits qui me sont reprochés. Je souhaite répondre point par point (...) en apportant les preuves nécessaires à la manifestation de la vérité", a déclaré Eric Breteau à la barre, affirmatif et sûr de lui. "Personne n'a jamais émis le moindre doute sur l'origine soudanaise des enfants présents dans nos bases", a-t-il affirmé.
Orphelins
Depuis le début de l'affaire, L'Arche de Zoé affirme que les 103 enfants qu'elle tentait d'emmener en France depuis l'est du Tchad étaient bien des orphelins du Darfour, région soudanaise voisine en proie à une guerre civile, qu'elle voulait "sauver de la mort", ou que les intermédiaires locaux chargés de les trouver les ont présentés comme tels.
Mais une enquête d'organisations humanitaires internationales a établi que la quasi-totalité des enfants venaient de villages tchadiens de zones frontalières du Soudan, et que tous avaient au moins un parent ou un adulte qu'ils considèrent comme tel. Eric Breteau a également contesté le caractère clandestin de l'opération "Children Rescue". "Avant le lancement de notre opération de sauvetage des orphelins du Darfour, l'ensemble des autorités françaises ont été informées de notre action par écrit", a-t-il expliqué.
Pas clandestine
"Nous avons notamment informé, par écrit, (...) la présidence de la République, les ministères de l'Intérieur, de la Justice et des Affaires étrangères, l'ensemble du Parlement, le juge pour enfants de Reims-Vatry", région de l'est de la France où les enfants devaient arriver en provenance du Tchad par avion, a-t-il indiqué. L'opération "ne peut certainement pas être qualifiée de secrète et de clandestine, compte tenu de la très forte communication réalisée avant son lancement", a-t-il assuré.
Pour des "raisons de sécurité, nous avons fait le choix de la confidentialité vis-à-vis de nos personnels locaux (...) ainsi que des représentants des autorités locales, afin d'éviter toute fuite d'information qui aurait pu mettre en danger la mission", a-t-il poursuivi, en particulier "pour ne pas éveiller les soupçons des services secrets soudanais".
Eric Breteau a demandé à diffuser devant la Cour des "preuves vidéos" et du matériel a commencé à être installé pour cela. Les six Français de L'Arche de Zoé, qui apparaissaient détendus et souriants, sont accusés de "tentative d'enlèvement d'enfants tendant à compromettre leur état civil, faux et usage de faux en écritures publiques et grivèlerie" et leurs co-accusés, trois Tchadiens et un Soudanais, de "complicité d'enlèvement". Ils encourent de cinq à vingt ans de travaux forcés.


