Dominique de Villepin lance son mouvement
L'ex-Premier ministre Dominique de Villepin doit prononcer samedi à Paris, au lendemain des commémorations de l'appel gaulliste du 18 juin le discours fondateur d'un mouvement politique qui se veut au-dessus des partis, pour proposer une alternative à son rival Nicolas Sarkozy. Prés de 400 bénévoles seront mobilisés à la halle Freyssinet, 18.000 m2 situés dans le XIIIe arrondissement, pour accueillir les quelque 3.000 militants attendus par les organisateurs.
Le programme "festif et populaire", émaillé de témoignages, débutera vers 14H00 par des animations musicales, des clips, des témoignages de militants. Présidé par l'ex-ministre chiraquienne Brigitte Girardin, le club Villepin revendique environ 15.000 membres. Il doit se transformer en un mouvement politique capable de recueillir des fonds pour faire campagne en 2012. La nouvelle structure devrait s'appeler "République solidaire".
Point d'orgue: Dominique de Villepin, 56 ans, prononcera le discours "fondateur" du mouvement qui se veut "libre et indépendant, ouvert à tous" et "au-dessus des clivages partisans". "Si juridiquement il s'agit d'un parti, nous préférons parler de mouvement parce qu'on est de culture gaulliste", a expliqué à l'AFP Brigitte Girardin, précisant que les militants, qui proviennent aussi bien de l'UMP que du MoDem ou de la gauche, pourront garder leur double appartenance. En fondant le RPF (Rassemblement du peuple français) en 1947, le général de Gaulle n'avait pas parlé de parti, mais de rassemblement.
Si les derniers sondages n'accordent à Dominique de Villepin que 7% à 8% d'intentions de vote en 2012, le lancement de son mouvement suscite l'intérêt des médias. Quelque 250 journalistes se sont accrédités, de Radio Guinée à Chine nouvelle ou Aljazeera.
M. de Villepin est crédité de 49% d'opinions favorables dans un récent sondage Ifop-Paris Match. 33% de ses sympathisants plébiscitent son charisme, 29% l'ont apprécié en tant que Premier ministre, 20% soutiennent ses critiques de la politique de Nicolas Sarkozy et 18% considèrent qu'il ferait un bon président de la République. A contrario, ses détracteurs jugent ses valeurs dépassées (33%), le voient en diviseur de la droite (26%), lui reproche le CPE (24%) ou de ne s'être jamais présenté au suffrage universel (11%). (afp/chds)