Les alliés de Thaksin remportent les législatives en Thaïlande

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Par: rédaction
24/12/07 - 11h38

Les alliés de l'ex-Premier ministre thaïlandais Thaksin Shinawatra ont remporté le plus grand nombre de sièges au premier scrutin législatif depuis le putsch de 2006, mais ont raté de peu la majorité absolue, selon les derniers résultats cités lundi par la Commission électorale.

Le Parti du pouvoir du peuple (PPP), dirigé par Samak Sundaravej et où se sont regroupés des alliés de M. Thaksin, a décroché 232 sièges sur les 480 que comptera la nouvelle chambre basse du Parlement, a déclaré le porte-parole de la Commission électorale, Ruenroj Chumsueb. La majorité absolue est fixée à 241 sièges. Le Parti démocrate d'Abhisit Vejjajiva, principal adversaire du PPP, arrive en deuxième position aux élections de dimanche avec 165 sièges, tandis que cinq autres plus petites formations se partagent le reste, a-t-il dit. M. Thaksin, renversé lors d'un coup d'Etat militaire il y a 15 mois, s'est réfugié à l'étranger après avoir été accusé d'avoir pratiqué la corruption et d'avoir menacé la monarchie.

M. Samak, son allié, avait déclaré dès dimanche être en mesure de diriger un gouvernement de coalition et avait appelé les autres partis à se joindre au PPP. M. Samak a dit qu'il allait oeuvrer au retour en Thaïlande de M. Thaksin et à une éventuelle amnistie. En mai dernier, l'ancien Premier ministre avait été interdit d'activités politiques pendant cinq ans par un tribunal nommé par la junte. Le taux de participation s'est établi à un peu plus de 70%, a annoncé lundi la Commission électorale.

Ce taux de participation est légèrement plus faible que celui atteint lors des élections de février 2005 qui avaient vu la réélection triomphale du Premier ministre Thaksin Shinawatra, renversé en septembre 2006 par des généraux royalistes et qui s'est depuis réfugié à l'étranger. Les résultats définitifs des élections de dimanche devaient être annoncés en deux temps plus tard dans la journée de lundi.

Le scrutin a constitué un sérieux revers pour l'armée qui a tout fait pour affaiblir le camp de M. Thaksin, lui-même en exil mais susceptible de faire son grand retour en Thaïlande si ses amis parviennent effectivement à contrôler le pouvoir, estiment des analystes."Je serai à coup sûr le prochain Premier ministre", a lancé Samak Sundaravej , dirigeant du Parti du pouvoir du peuple (PPP) au sein duquel se sont regroupés des alliés de M. Thaksin.

M. Samak a dit que le PPP avait remporté quelque 230 des 480 sièges à pourvoir à la chambre basse du Parlement. "C'est seulement 10 sièges de moins qu'une majorité (absolue). Cela reflète la popularité du PPP (qui) formera le gouvernement", a-t-il affirmé. "J'invite tous les partis à se joindre à notre gouvernement", a ajouté M. Samak, ancien gouverneur de Bangkok, âgé de 72 ans. Le dirigeant du PPP a précisé que M. Thaksin, qui s'est réfugié à l'étranger après un coup d'Etat l'année dernière, l'avait appelé pour le féliciter et qu'il avait dit qu'il "reviendrait" en Thaïlande après la formation du nouveau gouvernement.

M. Thaksin, milliardaire de 58 ans et nouveau président du club de football anglais de Manchester City, fait l'objet de multiples enquêtes pour corruption en Thaïlande, où ses avoirs, estimés à deux milliards de dollars, ont été gelés par la junte militaire qui l'a chassé du pouvoir il y a 15 mois. Son ancien parti a été dissous et il a été interdit d'activités politiques pendant cinq ans, avec 110 de ses lieutenants.

Dimanche soir, M. Samak a laissé entendre que M. Thaksin et ses 110 lieutenants pourraient bénéficier d'une "amnistie". Il a affirmé que les élections étaient "une victoire pour tous les Thaïlandais qui, d'une manière peu raisonnable, ont perdu leur liberté le 19 septembre (2006)". De son côté, Abhisit Vejjajiva, 43 ans, dont le Parti démocrate est arrivé en deuxième position aux élections, a refusé de s'incliner, affirmant être prêt à former lui-même un gouvernement de coalition si le PPP échouait. "Le PPP n'a pas réussi à remporter la majorité absolue qu'il recherchait", a-t-il dit.

"S'il parvient à former une coalition, le Parti démocrate est prêt à devenir l'opposition. S'il échoue, le Parti démocrate est prêt à former sa propre coalition. Tout dépend de l'acceptation ou non par les autres partis de l'invitation de Samak". La loi martiale reste en vigueur dans plus d'un tiers du royaume, notamment le Nord et le Nord-Est, bastions traditionnels de M. Thaksin, et l'extrême Sud musulman, théâtre d'une insurrection séparatiste. (afp)

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