Une organisation de défense des droits de l'Homme a réclamé des autorités de la République démocratique du Congo (RDC) la libération "immédiate et inconditionnelle" de 12 enfants recrutés de force par le mouvement du général déchu Laurent Nkunda et emprisonnés à Kinshasa, a rapporté l'agence de presse associée (APA) reçue ce vendredi à Bruxelles.
Dans un communiqué adressé à l'APA, la Voix des Sans Voix (VSV) s'est dite vivement préoccupée par la persistance d'enrôlement forcé des enfants et leur participation dans les conflits armés, en toute impunité, à l'est de la RDC par l'ex-général Kundabatware.
Des informations détenues par la VSV révèlent que la plupart de ces enfants ont été recrutés dans la banlieue de Kigali, la capitale rwandaise, en novembre 2007, par des agents rwandais au service de Nkunda, le capitaine Michomberwa et un certain Wiragiye, au service du régime de Kigali.
Pour réussir leur mission, précise l'ONG, les deux hommes ont usé de la ruse en prétendant amener les enfants pendant les vacances vers la préfecture rwandaise de Gisenyi (proche de la RDC) où ils peuvent gagner plus d'argent par d'autres occupations que de garder des vaches.
"Arrivés à Gisenyi après leur recrutement, ils sont confiés à des militaires rwandophones, non autrement identifiés, mais portant l'uniforme des FARDC (Forces armées de la RDC). Ils sont acheminés ensuite dans un camp de concentration à Kianza près de Masisi, au Nord-Kivu, où les victimes rejoignent une centaine d'enfants rwandais, congolais et ougandais en instance de formation militaire sous menaces constantes de mort, de tortures et autres traitements cruels, inhumains et dégradants, en cas de résistance", souligne le communiqué.
Certains enfants, sentant leur vie en danger, se sont évadés du camp et en tentant désespérément de rejoindre le Rwanda se sont plutôt retrouvés égarés dans un village ougandais après plusieurs longues heures de marche. A l'issue d'interrogatoires au camp militaire de Mbarora, en Ouganda, ils ont été remis à l'état-major des renseignements militaires (l'ex-Demiap, Détection militaire des activités anti-patrie) à Beni (Nord-Kivu), puis transférés à Goma, le chef-lieu de cette province.
Transférés à Kinshasa, les douze enfants, dont certains sont âgés de 16 ans, ont été conduits au Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPRK), où ils sont gardés dans les pavillons réservés aux condamnés à mort et aux détenus militaires majeurs. Ils y passent la nuit dans les couloirs sans droit de visites, privés de nourritures, couvertures et d'habits, a ajouté la VSV.
Aucune procédure judiciaire n'est engagée pour ces enfants, abandonnés à leur triste sort, s'étonne l'ONG. La VSV recommande aux autorités congolaises, à la Cour pénale internationale (CPI), au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et à la Mission des Nations Unies au Congo (MONUC), de prendre, chacun en ce qui le concerne, des dispositions nécessaires pour obtenir la libération de ces enfants innocents (NDLR) et de punir tous les commanditaires ainsi que les complices, impliqués dans le recrutement forcé d'enfants dans les groupes armés, dont le Congrès national pour la Défense du Peuple (CNDP, le mouvement politico-militaire de Nkunda). (belga)
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