Le commando de l'ETA responsable du dernier grand attentat du groupe basque armé, qui en décembre 2006 avait détruit les efforts de paix du gouvernement socialiste espagnol, a été démantelé par la garde civile, s'est félicité mercredi le ministre de l'Intérieur.
Deux membres présumés de l'organisation indépendantiste basque armée ETA, interpellés dimanche au Pays Basque espagnol (nord) et un autre qui se trouve actuellement en fuite, sont les auteurs présumés de l'attentat qui avait pulvérisé un parking à l'aéroport de Madrid, a révélé mercredi le ministre, Alfredo Perez Rubalcaba, se basant sur les aveux de l'un d'eux. Cet attentat qui, le 30 décembre 2006, avait tué deux travailleurs immigrés équatoriens avait mis fin brutalement à la tentative de dialogue du gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero avec l'ETA pour régler la question basque.
Mais c'est seulement six mois plus tard que l'ETA avait mis un terme officiel à son "cessez-le-feu permanent" décrété en mars 2006. "Ceux qui ont exécuté matériellement (cet attentat, ndlr), ce sont (Martin) Sarasola, Igor Portu et Mikel San Sebastian", a déclaré lors d'une conférence de presse le ministre de l'Intérieur. Les deux premiers ont été interpellés lors d'une opération de la garde civile dimanche à Mondragon. Le troisième est actuellement en fuite, ainsi qu'un quatrième membre de ce même "commando spécial" de l'ETA, Joseba Iturbide.
Le "commando spécial" constitué de ces quatre personnes avait été mis sur pied en 2001 par un lieutenant du chef présumé des commandos de l'ETA, Garikoitz Aspiazu, alias "Txeroki". Ce "commando spécial" a d'abord commencé par aider des membres de l'ETA à passer la frontière entre la France et l'Espagne puis à partir de 2004 s'occupait de passer des armes et du matériel. A partir de la mi-2005, le commando a commencé à mener des "actions pour son propre compte et pas seulement à fournir du matériel et à passer des personnes", a expliqué le ministre de l'intérieur.
Ce groupe, tenu entre autres pour responsable d'un attentat contre une discothèque en 2005 et d'un attentat avorté en août 2007 à Castellon (est), "a participé aux opérations les plus significatives des derniers mois" du groupe armé, a souligné le ministre de l'Intérieur. D'après la radio nationale espagnole, le commando prévoyait en outre de commettre un attentat à la voiture piégée dans une zone commerciale de Madrid. Cette information n'a pas été immédiatement confirmée, mercredi après-midi, par le ministère de l'Intérieur.
A deux mois des élections législatives du 9 mars, les forces de sécurité espagnoles sont en état d'alerte renforcé, de crainte que l'ETA ne commette une action d'envergure pour peser sur la campagne électorale. La détention des deux etarras présumés a conduit à la découverte de deux caches contenant plus de 100 kilos de matériel explosif en Navarre (nord), près de la frontière avec la France. Le ministre de l'Intérieur a parallèlement nié que l'un des deux hommes interpellés, qui se trouve hospitalisé à Saint-Sébastien, ait été victime de mauvais traitements de la part de la garde civile.
Il a souligné que c'était une pratique classique des membres de l'ETA interpellés de dénoncer des "tortures". L'ETA, classé comme "organisation terroriste" par l'Union européenne et tenue pour responsable de 819 morts en Espagne en 40 ans d'attentats pour l'indépendance du Pays Basque, a repris sa campagne d'attentats depuis la rupture de la trêve en juin, marquée surtout par l'assassinat, le 1er décembre, de deux gardes civils en mission en France. Depuis juin, les arrestations de membres de l'organisation clandestine se sont multipliées, tant en Espagne qu'en France. (afp)


