La région de Naples a débuté jeudi l'évacuation vers d'autres provinces d'Italie de centaines de tonnes d'ordures qui s'entassaient depuis fin décembre dans ses rues, alors que la tension reste palpable aux alentours de la décharge que les autorités souhaitent rouvrir.
Dans la journée de jeudi, près de 500 tonnes de déchets seront débarquées à Cagliari. La Sardaigne est la première région ayant accepté d'accueillir pour les retraiter des déchets en provenance de la Campanie. Plusieurs centaines de personnes ont manifesté jeudi matin à proximité d'une des décharges sardes qui vont accueillir les déchets, afin de protester contre l'opération. Certaines régions italiennes ont d'ailleurs refusé d'accueillir les déchets napolitains, craignant une réaction des habitants.
A Pianura (ouest de Naples), la décharge que les autorités souhaitent rouvrir et où les opposants au projet affrontent depuis plusieurs jours les forces de l'ordre, les services de nettoyage ont commencé à déblayer les ordures aux abords des écoles et des bâtiments publics, sous escorte de la police pour éviter des incidents, a indiqué l'entreprise de nettoyage Asia. A proximité de ce site, dont l'accès reste bloqué par des manifestants, un groupe de casseurs a attaqué dans la nuit un camion de pompiers, lançant dans l'habitacle de puissants pétards qui ont mis le feu au véhicule et l'ont entièrement détruit, blessant sept pompiers.
Les pompiers ont indiqué être intervenus à 80 reprises dans nuit en Campanie pour éteindre des feux de tas de poubelles allumés par des habitants excédés. Le gouvernement a pris mardi des mesures pour "régler de façon définitive" la crise, réquisitionnant notamment l'armée pour déblayer les zones les plus touchées. Outre le dysfonctionnement chronique des centres de traitement, la région souffre d'une grave carence de décharges en raison de l'infiltration de la Camorra dans le marché du recyclage des déchets, plusieurs sites ayant été fermés sur décision de justice. (belga)


