Le parti du chef de l'opposition kényane Raila Odinga a appelé vendredi à la reprise des manifestations dans le pays au lendemain de l'échec de la médiation dirigée par l'Union africaine (UA) pour résoudre la crise majeure secouant le Kenya.
"Nous avons pris acte du fait que le gouvernement n'était intéressé par aucune résolution négociée de la crise dans notre pays", a déclaré le porte-parole du Mouvement démocratique orange (ODM) de Raila Odinga, Salim Lone. "Par conséquent, nous reprenons avec effet immédiat nos manifestations de masse et les rassemblements qui avaient été suspendus", a-t-il ajouté.
Echec
Le président de l'UA John Kufuor a échoué jeudi dans sa médiation entre le président kényan Mwai Kibaki et son rival Raila Odinga, laissant à l'ex-secrétaire général de l'ONU Kofi Annan la lourde tâche de sortir le Kenya d'une crise menaçant la stabilité du pays. Après une mission de deux jours, le président de l'UA et chef de l'Etat ghanéen John Kufuor a toutefois obtenu de MM. Kibaki et Odinga leur engagement en faveur du dialogue et d'une "cessation de la violence".
M. Lone a toutefois ajouté que l'ODM restait ouvert à la médiation de M. Annan. "Nous attendons cette nouvelle médiation de l'ancien secrétaire général des Nations unies, avec l'espoir qu'un accord de partage du pouvoir sera trouvé", a-t-il ajouté. Depuis l'annonce de la réélection de M. Kibaki le 30 décembre, les manifestations à l'appel de l'opposition ont été soit empêchées par les forces de l'ordre, soit annulées en signe d'apaisement dans le cadre des efforts de la communauté internationale pour résoudre la crise politique.
"Toute demande d'autorisation de rassemblement politique sera examinée au cas par cas. La police n'autorisera pas de manifestation susceptible d'être détournée par des criminels", a indiqué le porte-parole de la police nationale Eric Kiraithe. M. Odinga ne reconnaît pas la victoire de M. Kibaki, qu'il accuse d'avoir triché lors des élections. Les violences, qui ont suivi l'annonce de la victoire de M. Kibaki et qui ont fait au moins 600 morts depuis le scrutin du 27 décembre, ont diminué d'intensité ces derniers jours.


