La suspension des cultures de maïs OGM provoque des remous

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Par: rédaction
12/01/08 - 19h58

La décision du gouvernement de suspendre la culture du maïs OGM MON810 en France a été saluée samedi par les écologistes et l'opposition socialiste, mais elle suscite de vives critiques de la part du principal syndicat agricole français et au sein même du parti au pouvoir.

Sarkozy justifie
Le président Nicolas Sarkozy a justifié cette décision lors d'un Conseil national de l'UMP (droite, au pouvoir). "Je n'ignore nullement que, dans ma propre famille, certains sont contre", a-t-il déclaré, estimant toutefois que cette décision plaçait la France "à l'avant-garde du débat sur l'environnement". Paris a demandé vendredi l'activation de la clause de sauvegarde auprès de l'Union européenne, une procédure qui suspend la culture sur le territoire national du maïs MON810 de la firme américaine Monsanto, seul OGM cultivé en France.

José Bové réjoui
Les associations de défense de l'environnement se sont immédiatement réjouies de cette décision, et l'altermondialiste José Bové, qui observait une grève de la faim pour réclamer une telle décision avec plusieurs camarades, a arrêté son mouvement. L'ancienne candidate socialiste à la présidentielle Ségolène Royal a exprimé sa satisfaction: "Il était temps", a-t-elle commenté. Un responsable du parti des Verts, Noël Mamère, a salué "une victoire nécessaire et symbolique", tout en s'inquiétant du sort judiciaire des "faucheurs volontaires".

"Une décision affligeante"
En revanche la FNSEA, puissant syndicat agricole, a déploré une "décision affligeante". "Elle n'a pas été prise avec suffisamment de recul, et j'émets des doutes sérieux sur son objectivité", a dénoncé son patron, Jean-Michel Lemétayer. Le gouvernement a précisé s'appuyer sur les conclusions de la Haute autorité provisoire sur les OGM, commission composée de chercheurs, de représentants des cultivateurs , semenciers et associations, qui a fait état d'"éléments scientifiques nouveaux" et de nombreuses interrogations autour de cette culture de maïs OGM.

"Lobbies"
Mais l'indépendance de ce comité avait fait l'objet de polémiques, le président de la Haute autorité lui-même, Jean-François Le Grand, dénonçant l'existence de "lobbies" en son sein. L'avis de cette autorité avait même divisé l'UMP, puisque le président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer, quatrième personnage de l'Etat, avait contesté l'avis d'"un comité nommé avec peut-être un peu de précipitation". Il s'était ainsi fait l'écho des préoccupations de nombreux députés UMP très attentifs aux arguments des pro-OGM.

Plan d'investissement
Le gouvernement, qui a également souligné "l'intérêt de cette technologie pour relever les défis alimentaires et environnementaux", a annoncé "un plan d'investissement dans les biotechnologies végétales de 45 millions d'euros, soit une multiplication par huit des budgets actuels". Techniquement, la "clause de sauvegarde" doit être enclenchée par le ministre de l'Agriculture Michel Barnier, et Monsanto dispose de 15 jours pour présenter sa défense.

La démarche auprès de Bruxelles pour déposer la requête de la France ne pourra donc être faite qu'après ce délai. En France, 22.000 hectares de MON810 étaient mis en culture, principalement dans le sud-ouest et par 2.000 agriculteurs. Ce qui ne représentait que 0,75% des 2,8 millions d'hectares de maïs cultivés dans l'Hexagone.

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