La crise de la presse britannique qui affecte en premier lieu les journaux populaires s'est accentuée en décembre, le Sun passant pour la première fois depuis 33 ans sous le seuil des 3 millions d'exemplaires vendus, selon des chiffres publiés lundi.
Le déclin de la vente des journaux (-2,5%) sur l'année 2007 est général, à l'exception notable du Financial Times (+2,6%/450.000 exemplaires) qui poursuit son développement international, selon les données de l'organisme de contrôle de la diffusion de la presse (ABC- Audit Bureau of Circulations). Le Sun, le tabloïd par excellence de l'empire Murdoch, le magnat de la presse américano-australien qui vient d'acquérir le Wall Street Journal, ne parvient pas à enrayer son déclin malgré une forte baisse de son prix de vente (20 p, 26 centimes d'euro) à Londres et en Ecosse.
Ce quotidien, qui a atteint les 4,3 millions d'exemplaires en 1988, perd régulièrement des lecteurs même s'il demeure le journal le plus rentable en Grande-Bretagne avec des profits annuels de plus de 100 millions de livres (138 millions d'euros). Autres symboles du déclin de la presse britannique : le Daily Mirror est tombé en décembre sous le seuil de 1,5 million d'exemplaires et The News of the World, journal dominical qui a été vendu à 8 millions d'exemplaires dans les années 50, est en recul de 6% en 2007 et pourrait à son tour tomber à ce rythme sous le seuil des 3 millions d'exemplaires d'ici trois mois.
Le Sun et le Daily Mirror seront contraints tôt ou tard, selon les analystes qui prévoient aussi une nouvelle contraction du marché publicitaire, à chercher leur salut avec une distribution gratuite. Tous les titres de la presse dominicale (à l'exception du Daily Star Sunday/360.000 exemplaires) sont en recul, certains de plus de 10%. Le Sunday Times (1,138.000 exemplaires) une institution du dimanche britannique dont les profits permettent au groupe Murdoch d'éponger les pertes du Times, a lui-même perdu plus de 5% de lecteurs en 2007.
Les journaux gratuits (3 généralistes et 1 économique sur le marché londonien) sont en progression de 17%, une croissance qui menace la survie du dernier quotidien du soir, l'Evening Standard.


