Jean Dauphin, un ancien instituteur belge de 87 ans, recevra samedi à Virton la Légion d'Honneur pour avoir, pendant un demi-siècle, aidé les familles françaises à retrouver la trace des soldats tombés au cours de l'une des batailles les plus meurtrières de la guerre de 1914-1918.
Le 22 août 1914, plus de 20.000 soldats français sont tombés sur le front des Ardennes, fauchés par les mitrailleuses allemandes.
"Ils étaient tellement nombreux à être tués que les habitants et les survivants les ont enterrés à la hâte dans des fosses communes", indique Jean Dauphin. A la fin de la guerre, les corps sont exhumés et une sépulture particulière est donnée dans les cimetières militaires à chaque mort identifiable.
"Un travail fantastique"
Après la seconde guerre mondiale, l'instituteur a été chargé de renseigner les familles françaises à la recherche de la sépulture de leurs aïeux.
"Jean Dauphin fait un travail fantastique. Il a permis à de nombreuses familles de rendre hommage à leurs proches disparus", témoigne une Parisienne de 91 ans à l'origine de la demande de la Légion d'Honneur.
Avec une quinzaine de bénévoles, Jean Dauphin entretient un petit musée et organise chaque année, le 22 août, une cérémonie du souvenir. "C'est très émouvant d'accueillir les petits-enfants, voire les arrière petits-enfants, qui viennent spécialement de l'ouest de la France d'où étaient originaires la plupart des soldats morts", souligne Freddy Brisy, l'un des membres de l'association.
Samedi, au lendemain des cérémonies de l'Armistice de 1918, la Légion d'Honneur sera épinglée sur la poitrine de Jean Dauphin par le petit-fils du général de Trentinian, mort ce 22 août 1914 dans les Ardennes à la tête de la 7e division de l'armée française. (belga)


