Le procès des "accusateurs" de Poutine transféré en Ossétie

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Par: rédaction
15/01/08 - 20h38
La prise d'otage de Beslan avait fini en véritable carnage.

Le procès pour "extrémisme" d'une association qui accuse le président russe Vladimir Poutine d'être responsable du dénouement tragique de la prise d'otages à l'école de Beslan en 2004 a été transféré, à peine ouvert mardi, à Vladikavkaz (Ossétie du Nord) près de Beslan.

Le procès contre la Voix de Beslan, qui réunit des survivants et des proches de victimes, ouvert à Nazran, capitale de la région voisine d'Ingouchie, va se poursuivre à Vladikavkaz "d'ici à dix jours", a précisé une dirigeante de l'association, Ella Kessaeva. Les juges "ont décidé que l'affaire devait être examinée à Vladikavkaz (chef-lieu de l'Ossétie du Nord), dans la région où l'organisation" La Voix de Beslan a son siège, a confirmé le juge Khamid Tambiev.

En transférant le procès en Ossétie du Nord, théâtre de la prise d'otages, "les juges ont satisfait à notre requête", s'est félicitée Mme Kessaeva. Les relations entre Ossètes et Ingouches sont empreintes d'animosité et souvent tendues. La justice russe accuse l'association d'avoir violé une loi russe réprimant l'extrémisme, en diffusant des déclarations qui fustigent M. Poutine.

"Nous nous battrons pour prouver que le dénouement tragique de la prise d'otages est de la faute du (président russe) Poutine, le garant de la Constitution, qui n'a pas assuré la sécurité de nos enfants, ni notre droit à une enquête juste", a répété Mme Kessaeva. La Voix de Beslan et d'anciens otages accusent Vladimir Poutine d'avoir menti sur les circonstances du drame et d'avoir mal organisé l'opération en vue de sauver les otages.

La prise d'otages perpétrée par un commando favorable aux indépendantistes tchétchènes le jour de la rentrée scolaire en septembre 2004 s'est soldée trois jours après par la mort de 334 personnes. Certains proches des victimes sont convaincus que ce sont les forces de l'ordre qui ont déclenché l'issue fatale en tirant une grenade incendiaire avant de prendre d'assaut l'école où près de 1.000 personnes étaient retenues.

En décembre 2006, une enquête parlementaire a conclu que c'était le commando de preneurs d'otages, et non les forces spéciales, qui avait provoqué l'explosion. (belga)

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