Les supporteurs et sportifs espagnols devront encore se contenter d'un "la-la-la!" pour accompagner la musique: le Comité olympique espagnol (COE) a annoncé ce mercredi sa décision de retirer son projet de paroles pour l'hymne national, faute de consensus.
Controverse
Le COE a décidé de faire marche arrière face aux vives critiques suscitées par ces paroles, en raison notamment de leur "archaïsme", dès leur fuite vendredi dans un quotidien espagnol. "Les paroles ont généré une controverse et ont été critiquées à de nombreuses occasions. Nous avons toujours l'intention d'avoir des paroles, mais nous retirons la proposition et nous repoussons la cérémonie de présentation", a déclaré en conférence de presse le président du COE, Alejandro Blanco.
Placido Domingo
Les paroles devaient être officiellement être chantées pour la première fois le 21 janvier par le ténor espagnol Placido Domingo. Elles devaient ensuite être entérinées par le Parlement.
Ecrites par un chômeur
Le texte retenu, écrit par un chômeur de 52 ans, glorifiait de manière consensuelle et neutre, la "patrie" et la "fraternité" dans la diversité. Ainsi, la première strophe: "Vive l'Espagne! /Nous chanterons tous ensemble/d'une voix distincte/et d'un seul coeur". Les mots "justice et grandeur/démocratie et paix" terminaient l'hymne.
"Vieux jeu"
Le leader de la coalition écolo-communiste Izquierda Unida, Gaspar Llamazares, avait aussitôt dénoncé des paroles "vieux jeu" tandis que l'ex-ministre socialiste de la Culture, Carmen Calvo avait fait part de son "désaccord" face à des "expressions complètement vétustes."
Paroles sous Franco
L'hymne espagnol, la "Marche royale", d'un compositeur inconnu, remonte au XVIIIe siècle et était déjà l'hymne national sous la dictature de Francisco Franco (1939-75). Sous Franco, il était parfois accompagné de paroles, qui avaient été supprimées dès le retour à la démocratie et n'ont jamais pu être remplacées, faute de consensus dans une Espagne encore marquée par ses divisions. (belga)


