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Une réunion d'urgence, impliquant toutes les autorités concernées, s'est ouverte vendredi pour décider de la suite des opérations sur le Concordia dont les mouvements ont entraîné une suspension des recherches, ont indiqué à l'AFP les garde-côtes.
Le Costa Concordia, propriété du croisiériste américain Carnival échoué depuis près d'une semaine sur la petite île italienne du Giglio, a de nouveau bougé, contraignant les chercheurs à suspendre leurs recherches, avait annoncé un peu plus tôt un représentant de la Marine de guerre, Alessandro Busonero. "Il y a une instabilité du navire, donc les sauveteurs ne peuvent pas descendre", a-t-il dit à l'AFP. "Les sauveteurs étaient au travail sur le navire durant la nuit quand le bateau s'est déplacé. Les recherches ont été immédiatement suspendues", a expliqué à l'AFP un porte-parole des garde-côtes, Filippo Marini.
Une réunion avec des représentants de toutes les autorités concernées -marine militaire, garde-côtes, pompiers, carabiniers, policiers.... - a été convoquée pour décider de la marche à suivre, a-t-il également indiqué. Les spécialistes vont chercher à déterminer notamment s'il ne s'agit que d'"oscillations du navire" ou "si l'épave est en train graduellement de se déplacer et de combien", a ajouté Cosimo Nicastro, un autre porte-parole des garde-côtes. Il s'agit en outre d'explorer les pistes pour stabiliser l'épave.
Onze personnes sont mortes dans le naufrage de ce paquebot de croisière dans la soirée de vendredi dernier, dont huit ont été formellement identifiées : quatre touristes français, un Italien, un Espagnol, et deux membres de l'équipage, un Péruvien et un Hongrois, qui était violoniste à bord. 24 personnes au total -dont trois figurent sans doute parmi les corps non identifiés- manquent à l'appel depuis désormais presque six jours : 12 Allemands, cinq Italiens, deux Français, deux Américains et trois membres d'équipage: un Italien, un Péruvien et un Indien.
Catastrophe naturelle en vue
Le pompage du carburant du navire (2.380 tonnes de mazout) n'a lui non plus toujours pas débuté malgré les risques de marée noire sur l'île, une réserve naturelle d'une grande valeur écologique. Cette opération, qui pourrait durer quelques semaines, est très compliquée, car il faut notamment réchauffer le mazout pour le rendre plus fluide.
Les réservoirs du Concordia étaient quasiment pleins vendredi quand il a heurté un rocher à 300 mètres de l'île. La colère gronde contre le commandant du navire, Francesco Schettino, accusé d'homicides multiples par imprudence, naufrage et abandon de navire, et qui est assigné à résidence à son domicile à Meta di Sorrento, au sud de Naples, sur la Côte amalfitaine. "Il est chez lui maintenant, parce qu'il vit en Italie. Dans un autre pays (...) il serait en prison et il passerait un sale quart d'heure", s'est insurgé devant l'AFP Kevin Rebello, frère d'un membre de l'équipage de nationalité indienne toujours porté disparu.
"Ce n'est pas Disneyland, vous jouez avec la vie des gens"
Commander un paquebot de croisière, "ce n'est pas Disneyland, vous jouez avec la vie des gens", a déclaré Kevin Rebello, venu de Milan -où il travaille- pour retrouver la trace de son frère Russel, marié et père d'une fillette de trois ans et demi, et dont toute la famille attend des nouvelles à Bombay. Selon le parquet, le commandant, "après avoir abandonné le navire, est resté immobile sur la côte rocheuse du Giglio et a regardé (le navire) en train de couler". L'accusation s'appuie sur cinq principaux témoignages, en particulier sur ceux des officiers de bord.
Ces derniers ont raconté aux magistrats la décision de Francesco Schettino de changer d'itinéraire pour se rapprocher du Giglio, "une manoeuvre gravement imprudente et inconsidérée", dénonce la juge Valerio Montesarchio, dans l'acte officiel assignant le commandant à domicile. "Le commandant a sous-évalué le portée du dommage subi et a omis d'aviser en temps et en heure les garde-côtes de l'incident", a-t-elle souligné.
Mesures
Le conseil des ministres italien devrait adopter dans la journée des mesures pour réglementer plus sévèrement la circulation des navires aux abords des côtes. Plus de 70 passagers du Costa Concordia ont adhéré à une action collective contre la compagnie entamée par l'association italienne de défense des consommateurs, avec pour objectif de faire obtenir par chaque passager une indemnisation d'au moins 10.000 euros. (afp)
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