Plus d'un millier de détenus dans une dizaine de prisons du Kirghizstan se sont cousu les lèvres mardi pour protester contre l'interdiction qui leur est faite de se déplacer librement dans leur lieu de détention, ont indiqué les autorités de ce pays pauvre d'Asie centrale.
"Dans le centre de détention provisoire N°1 à Bichkek, 385 personnes se sont cousu les lèvres. Dans celui de Karakol, 53, à Och 24", a indiqué le Service d'application des peines dans un communiqué, précisant qu'au total plus d'un millier de détenus dans une dizaine d'établissements avaient participé à ce mouvement.
De son côté, le chef des services pénitentiaires kirghiz (GSIN), Cheïchenbek Baïzakov, a expliqué que les détenus réclamaient de pouvoir se déplacer librement dans leur prison et de "continuer à pouvoir se moquer des gardiens".
"Cela n'arrivera plus! Qu'ils se cousent tous la bouche! ", a lancé M. Baïzakov, lors d'une conférence de presse à Bichkek, capitale du Kirghizstan.
Depuis 2005, les prisons de cette ancienne république soviétique sont régulièrement le théâtre de soulèvements, de grèves de la faim et d'actes d'automutilation, généralement pour dénoncer les conditions de détention.
Les autorités kirghizes accusent pour leur part le crime organisé d'orchestrer ces révoltes, afin de régner en maître sur les trafics dans les lieux de détention.(belga)


