L'opposition syrienne veut presser l'ONU d'intervenir

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L'opposition syrienne entend faire monter la pression sur la communauté internationale, et en particulier sur la Russie, en vue d'une intervention de l'ONU au lendemain de la suspension de la mission des observateurs arabes.

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La Ligue arabe a annoncé samedi cette suspension après un peu plus d'un mois de mission en accusant le régime du président Bachar al-Assad d'avoir "choisi l'option de l'escalade" et en évoquant une "recrudescence des violences" contre les civils depuis mardi.

Depuis cette date, les violences (répression, attentats contre les forces de sécurité, affrontements entre armée et déserteurs) ont fait au moins 210 morts, dont 142 civils, selon des chiffres compilés par l'AFP à partir d'informations officielles et de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Dimanche, selon des militants, des véhicules blindés et des chars se dirigeaient vers la région de Douma et de Ghouta, près de la capitale. Samedi, Ghouta a été le théâtre d'affrontements entre déserteurs et militaires qui ont fait 17 morts et des dizaines de blessés, selon l'OSDH. Bourhan Ghalioun, le chef du Conseil national syrien (CNS), qui rassemble les principaux courants de l'opposition, doit se rendre ce dimanche à New York à la tête d'une délégation dans l'espoir de peser sur les discussion autour d'un projet de résolution défendu par les pays européens et arabes.

Des manifestations à travers le monde

Dans le même temps, le CNS a appelé à des manifestations à travers le monde devant les ambassades de Russie, alliée de Damas, qui avait fait usage de son droit de veto contre une première résolution sur la Syrie en octobre et a déjà déclaré son opposition au texte actuel.

"Nous appelons tous les Syriens à l'étranger à montrer leur solidarité (...) en protestant contre la position de la Russie par la tenue de sit-in devant les ambassades du régime (syrien), les ambassades russes et les centres de l'ONU demain dimanche à 14HOO de leur heure locale", a déclaré Samir Neshar, membre du comité exécutif du CNS, lors d'une conférence de presse à Istanbul.

Réécriture du projet de résolution

A New York, les pays européens et arabes à l'origine d'un projet de résolution sur la Syrie au Conseil de sécurité de l'ONU ont commencé à retravailler leur texte après la suspension de la mission des observateurs arabes, ont annoncé des diplomates. Selon les pays européens, cette suspension illustre le besoin d'une action de l'ONU.

Le texte, soutenu par le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne ainsi que le Maroc, membre arabe du Conseil de sécurité, appelle à un soutien international au plan de sortie de crise défendue par la Ligue arabe, qui prévoit l'arrêt des violences et le transfert des pouvoirs du président syrien Bachar al-Assad à son vice-président avant l'ouverture de négociations.

"Nous allons travailler avec le Maroc et les autres membres du Conseil pour actualiser la résolution", a déclaré samedi soir un porte-parole de la mission britannique à l'ONU.

Des responsables de la Ligue arabe doivent exposer mardi les détails de leur plan, et cette présentation "donnera le point de vue définitif de la Ligue arabe, mais la suspension de la mission d'observation montre qu'ils n'ont jamais été en mesure de faire leur travail correctement", a-t-il ajouté.

Paris et Berlin ont appelé samedi soir à l'adoption rapide d'une résolution. Mais la Russie s'est opposée au texte, estimant qu'il franchissait des "lignes rouges". Moscou refuse toute indication de sanction et tout préalable aux négociations. Des experts doivent se réunir lundi pour préciser les points d'achoppement avent des négociations de fond prévues mercredi.

Les autorités syriennes regrettent la suspension de la mission

Entre-temps, des responsables de la Ligue arabe, dont son secrétaire général, Nabil al-Arabi, doivent exposer mardi les détails du plan arabe au Conseil de sécurité. Les autorités syriennes ont dit samedi "regretter" la suspension de la mission des observateurs arabes, estimant qu'elle visait à "augmenter les pressions en vue d'une intervention étrangère dans les affaires syriennes", selon l'agence officielle Sana.

"Les forces de sécurité sont déterminées à aller de l'avant pour rétablir l'ordre et la sécurité, et nettoyer le territoire des hors-la-loi (...) qui tuent des citoyens innocents", a menacé le ministre syrien de l'Intérieur, Mohammad Ibrahim al-Chaar, cité par Sana.

Dans le même temps, plus de 200 représentants de la communauté kurde de Syrie sont réunis ce week-end pour une conférence à Erbil, capitale du Kurdistan irakien. Evoquant un après-Assad, ils ont réclamé un référendum pour déterminer leur place dans la société.

Les Kurdes représentent 9% de la population syrienne. Ils sont installés essentiellement dans le nord-est et à Damas, où ils affirment faire l'objet de discriminations et réclament la reconnaissance de leur langue et leur culture. (afp)
29/01/12 10h29
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