Le président américain George W. Bush compte lancer un vaste plan de relance qui pourrait atteindre 140 milliards de dollars, pour contrer les craintes de plus en plus fortes d'une récession de la première économie mondiale.
"Environ 1% du PIB"
"Pour permettre à notre économie de continuer à croître et créer des emplois, le Congrès et l'administration doivent travailler ensemble pour faire passer un plan de stimulation économique aussi vite que possible", a assuré vendredi M. Bush. Ce plan de relance devrait représenter "environ 1%" du Produit intérieur brut, a-t-il ajouté. Le PIB est proche de 14.000 milliards de dollars. Bien que l'ampleur du plan de M. Bush soit dans la fourchette haute des attentes du marché, la Bourse de New York est passé dans le rouge après cette annonce, le Dow Jones perdant 0,91% et le Nasdaq 1,01%.
"Mesures temporaires"
Les mesures doivent être "temporaires" et "agir immédiatement", a ajouté M. Bush. Sans entrer dans les détails, il a indiqué que le plan devrait s'articuler sur deux axes. "Un plan de relance doit comprendre des baisses d'impôt sur le revenu directes et rapides pour les Américains", pour les aider notamment à payer leur facture énergétique, a-t-il assuré. Selon la presse américaine, l'une des mesures phares serait une remise d'impôts pouvant aller jusqu'à 800 dollars par personne. L'enveloppe prévue pour les seules baisses d'impôts individuelles dépasserait les 100 milliards de dollars, croit savoir le New York Times. Jeudi, le président de la banque centrale (Fed) Ben Bernanke s'était dit favorable à un plan de relance immédiat et temporaire, à condition qu'il ne mette pas le budget en péril.
Baisse fiscale
Il avait évoqué comme "raisonnable" un montant de 50 à 150 milliards de dollars. Le choix de baisser les impôts des contribuables répond à la grosse menace de récession qui pèse actuellement sur la première économie mondiale, dans le sillage de la crise de l'immobilier qui réduit la richesse des ménages et pèse sur la confiance. "Notre économie va continuer à croître au cours de l'année à venir, mais à un rythme plus lent que ces dernières années. Et il y a un risque de retournement", a estimé M. Bush. Les dépenses de consommation génèrent près des deux-tiers de la croissance américaine, et l'un des moyens d'enrayer une spirale récessionniste est de mettre plus d'argent dans la poche des consommateurs.
Incitations fiscales
Le plan devrait également comprendre des incitations fiscales pour les entreprises "pour leurs investissements cette année". Cela laisse penser qu'elles pourraient défiscaliser une partie importante de leurs investissements. Le président Bush aurait aussi accepté que la prolongation de ses différents programmes de baisses d'impôts ne figure pas dans le plan de relance. "Une fois que cela sera fait, le Congrès doit se tourner vers les priorités économiques de notre pays, ce qui signifie rendre permanentes les baisses d'impôts qui existent aujourd'hui", a-t-il affirmé.
"Consensus large"
Ce sujet lui tient particulièrement à coeur car ses programmes de baisses d'impôts, notamment celui sur les dividendes, doivent expirer à l'horizon 2010. Mais c'est aussi un gros point de discorde avec les démocrates, qui jugent ces avantages fiscaux injustes. Or l'accord des démocrates est crucial car ils sont majoritaires au Congrès. M. Bush a a discuté des grandes lignes de son plan jeudi lors d'une conférence téléphonique avec les responsables du Congrès. "J'ai été encouragé par ces discussions et je pense qu'il y a un consensus assez large pour que nous arrivions à un plan qui puisse être approuvé avec un soutien des deux camps politiques", a-t-il affirmé. L'économie a d'ailleurs pris un rôle central dans la campagne électorale de cette année, et l'idée d'un plan de relance était jusqu'à présent l'une des propositions phares des candidats démocrates à la Maison Blanche.


