La police empêche une marche des chrétiens à Kinshasa

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Par: rédaction
16/02/12 - 17h05
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La police a dispersé jeudi à Kinshasa, parfois à coup de gaz lacrymogènes, une marche des chrétiens qui entendaient notamment protester contre les résultats des élections contestées du 28 novembre dernier en République démocratique du Congo, a constaté l'AFP.

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Des groupes de fidèles ont quitté tôt le matin leur paroisse pour tenter de regagner celle de Saint-Joseph, lieu de rassemblement, mais des policiers les ont rapidement dispersé notamment avec des gaz lacrymogènes, appliquant les consignes des autorités qui avaient interdit la manifestation.
 
Les fidèles ont été reconduits dans leur église ou empêchés d'atteindre Saint-Joseph, où un lourd dispositif policier était déployé dans l'enceinte et aux alentours de l'édifice, y interdisant l'entrée ou la sortie à toute personne, a constaté l'AFP.
 
"Ils ont réprimé terriblement: ils ont lancé du gaz lacrymogène partout dans l'enclos, jusque dans la chambre des prêtres", a affirmé l'un des organisateurs de la marche, l'abbé Pierre Bonsangia, joint au téléphone à l'intérieur de la paroisse par à l'AFP.
 
Trois prêtres, deux religieuses et deux fidèles ont été arrêtés, a-t-il dit sur foi d'un bilan établi à partir d'informations paroissiales.
 
Un témoin a affirmé à l'agence BELGA, que dans une église au moins, un groupe de "kuluna" (jeunes délinquants de rue) réquisitionné par le pouvoir avait envahi une église pour terroriser les paroissiens.
 
La manifestation "non violente" devait aussi marquer le 20ème anniversaire de la "marche des chrétiens" du 16 février 1992 pour réclamer plus de démocratie au régime du dictateur Mobutu Sese Seko. La marche avait été réprimée et les corps de victimes tuées par les forces de sécurité avaient été amenés à la paroisse Saint-Joseph.
 
Les organisateurs avaient appelé samedi à la commémoration des morts du 16 février 1992 et exhorté les Congolais à exprimer leur "rejet des résultats des élections" présidentielle et législatives du 28 novembre 2011, en les qualifiant de "conformes ni à la vérité ni à la justice".
 
La manifestation avait toutefois été interdite mercredi par le gouverneur de la ville-province de Kinshasa, André Kimbuta Yango.
Le chef de l'Etat sortant Joseph Kabila a été officiellement réélu, et son camp a remporté les législatives selon les résultats provisoires de la Commission électorale.
 
Mais l'opposant Etienne Tshisekedi, classé deuxième de la présidentielle, a rejeté ces résultats et s'est autoproclamé "président élu", dénonçant des irrégularités également relevées par des missions d'observation nationales et internationales. (belga)

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