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L'UE dévoile mercredi son plan de lutte contre le réchauffement climatique

Après des mois de débats internes et de pressions de la part des Etats membres, la Commission européenne présentera ce mercredi un vaste plan visant à lutter contre le changement climatique, réduire la dépendance énergétique de l'Europe, et conforter sa place de n°1 mondial des technologies propres.

Traduction d'un accord antérieur
Pour ambitieux qu'il soit, ce paquet 'Energie-Climat' de l'exécutif européen n'est en réalité que la traduction concrète - en projets de textes législatifs et propositions techniques - de l'objectif politique défini unanimement par les chefs d'Etat et de gouvernement européens en mars dernier, à Bruxelles. Aiguillonnés par la chancelière allemande Angela Merkel, ceux-ci se sont engagés à réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre (GES) de l'UE d'ici 2020 par rapport à leurs niveaux de 1990, à porter à 20% la part des renouvelables dans la consommation énergétique (et à 10% celles des agrocarburants dans les transports), et à améliorer de 20% d'ici 2020 l'efficacité énergétique dans l'UE.

Objectif indicatif
Si les deux premiers objectifs sont contraignants (avec à chaque fois un objectif différencié pour chaque Etat membre), le dernier, relatif à l'efficacité énergétique, n'est lui qu'"indicatif", ce qui laisse planer plus qu'un doute sur sa réalisation à terme, l'histoire européenne étant riche d'objectifs indicatifs jamais concrétisés... Pour réduire les émissions de GES de 20% d'ici 2020, le plan de bataille de la Commission prévoit, outre le développement des énergies renouvelables et des agrocarburants, une refonte complète du système européen d'échanges de droits d'émissions de CO2 en vigueur depuis 2005 pour les entreprises européennes énergivores, ainsi qu'un projet de directive sur la capture et la séquestration du CO2 dans des couches géologiques profondes, un procédé encore expérimental.

"Nouvelle révolution industrielle"
S'inscrivant dans le cadre de la lutte contre le changement climatique où l'Europe ambitionne d'exercer le leadership mondial, cette "nouvelle révolution industrielle", selon les termes du président de la Commission européenne José Manuel Barroso, revêt également des forts enjeux géopolitique et économique. L'UE achète aujourd'hui 50% de son énergie à l'étranger (la Belgique 79%). Un chiffre qui passera à 65% en 2030 si rien n'est fait, ce qui rendra le Vieux continent dangereusement dépendant des hydrocarbures russes ou arabes, et ce dans un contexte mondial marqué par une compétition accrue pour les énergies fossiles dont les réserves s'épuisent.

"Coût du plan: 90 millards d'euros"
En se fixant de tels objectifs, l'Europe entend aussi stimuler la recherche et consolider la compétitivité de ses entreprises en matière de technologies propres et d'énergies renouvelables, secteur dont elle est déjà le leader mondial avec un chiffre d'affaires annuel de 20 milliards d'euros, représentant quelque 300.000 emplois. Le coût de la mise en oeuvre de ce vaste plan est estimé par l'exécutif européen à quelque 90 milliards d'euros par an jusqu'en 2020, soit 0,6% de la richesse européenne. Une facture qui devrait toutefois mécaniquement diminuer en fonction de l'évolution haussière annoncée du prix pétrole au cours de la prochaine décennie.

Conférence de Copenhague
Attendues ce mercredi, les propositions de la Commission seront discutées par les dirigeants européens lors de leurs sommets de mars et juin prochains, avant leur soumission pour adoption au Parlement et au conseil des ministres européens. Vu les importants efforts financiers qu'il implique pour les Etats membres, le projet pourrait toutefois bien ne pas être approuvé avant la fin de la législature européenne actuelle, ce qui condamnerait l'Europe à arriver les mains vides à la conférence internationale de Copenhague, en décembre 2009, qualifiée de cruciale pour trouver un successeur à l'actuel protocole de Kyoto. Un scénario qui décrédibiliserait à coup sûr le leadership affirmé de l'Europe sur la scène climatique mondiale. Avec le risque réel d'aboutir à un nouvel accord international nettement moins ambitieux que celui réclamé par les scientifiques pour éviter un réchauffement catastrophique de la Terre...

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