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La Belgique et la Turquie organiseront en novembre prochain à Bruxelles une réunion interministérielle "trilatérale" pour discuter de coopération concrète entre les deux pays, notamment en matière d'immigration, dans la perspective d'une possible adhésion à l'Union européenne, a annoncé jeudi le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders.
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Didier Reynders et son homologue turc Ahmet Davutoglu
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Cette réunion rassemblera les ministres des Affaires étrangères, de la Justice et de l'Intérieur belges et turcs, a-t-il indiqué par téléphone à l'agence BELGA depuis Istanbul, où il terminait une visite de deux jours en Turquie à l'invitation de son homologue turc, Ahmet Davutoglu.
Elle sera précédée en mai par une réunion préparatoire, qui se tiendra à Ankara.
La Belgique reste favorable à l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, malgré la lenteur des négociations, entamées en 2005, mais pratiquement au point mort depuis des mois. Les pourparlers entre Ankara et l'UE sont notamment bloqués par le refus turc d'appliquer l'union douanière à la République de Chypre, sous administration chypriote-grecque, qui a rejoint l'UE en 2004 mais que la Turquie ne reconnaît pas.
Ankara soutient la République turque de Chypre nord (RTCN), autoproclamée et non reconnue internationalement, et a déployé des troupes dans la partie nord de l'île depuis 1974.
La France et l'Allemagne freinent aussi les pourparlers d'adhésion, par crainte de l'entrée dans l'Union d'un pays de 71 millions d'habitants, presque tous musulmans.
"Aucune avancée majeure n'est à attendre" d'ici la fin de l'année, car la présidence tournante de l'UE sera assurée au second semestre par Chypre, a souligné M. Reynders, qui a réclamé davantage de progrès d'Ankara, notamment en matière de respect du droit des minorités (y compris kurde) et de la presse.
Pour éviter un blocage total des relations avec la Turquie, stratégiquement importante car aux portes du Proche-Orient, l'UE a proposé un "dialogue intensifié" avec Ankara sur des sujets comme les visas, la mobilité et les migrations, de même que sur des questions commerciales importantes.
C'est dans ce cadre que se situe la réunion trilatérale belgo-turque, qui portera notamment sur la signature souhaitée d'un accord de réadmission par Ankara et sur la facilitation de l'octroi de visas, notamment pour des hommes d'affaires, selon M. Reynders.
"La Belgique a déjà fait beaucoup d'efforts, notamment pour faciliter les procédures" en matière de visas, a souligné le chef de la diplomatie belge.
Il a par ailleurs confirmé aux responsables turcs - dont le président Abdullah Gül, qu'il a rencontré mercredi à Ankara - la visite en Turquie en octobre prochain d'une mission économique présidée par le prince Philippe. Cette mission devrait permettre d'évoquer une coopération entre entreprises belges et turques sur des marchés comme l'Asie centrale ou l'Afrique.
MM. Reynders et Davutoglu ont enfin discuté d'une éventuelle visite d'Etat des souverains belges l'an prochain en Turquie, à une date et selon des modalités qui restent à fixer.


