Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan
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La Turquie hausse le ton envers le régime du président syrien Bachar al-Assad après une brusque escalade de la tension à la frontière turco-syrienne, et laisse planer le doute sur la création d'une zone tampon pour contenir les réfugiés en territoire syrien.
Avec le vice-président chinois Xi Jinping
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Avec Wu Bangguo, président du Comité permanent de l'Assemblée populaire nationale chinoise
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"Ne nous poussez pas à bout. Ce à quoi nous ne voulons pas penser, c'est d'entrer là-bas. Mais si quelqu'un peut nous forcer à une telle chose, ce serait le régime syrien", a lancé le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan depuis la Chine où il est en visite, rapporte mercredi la presse turque.
Les journaux voient dans ces déclarations vagues des velléités du gouvernement islamo-conservateur turc, qui a rompu avec son ex-allié syrien, d'intervenir chez son voisin en créant une zone tampon, afin de pouvoir contenir en sol syrien un afflux massif de déplacés souhaitant entrer en Turquie.
Des diplomates turcs, contactés par l'AFP pour commenter ces propos, admettent que "toutes les options sont sur la table", laissant entendre que la Turquie étudiera différents scénarios si Damas ne respecte pas la date limite du 12 avril pour cesser totalement les hostilités, conformément au plan de l'émissaire international Kofi Annan.
Réfugiés syriens
La Turquie héberge actuellement près de 25.000 réfugiés qui ont fui le conflit en Syrie et s'inquiète de l'augmentation régulière de nouveaux arrivants. M. Erdogan a affirmé que les secours aux réfugiés ont coûté pour l'heure 150 millions de dollars.
Regain de tension à la frontière
Lundi la tension est brusquement montée à la frontière: des tirs en provenance de Syrie ont blessé quatre Syriens et deux Turcs à Kilis, où est installé un camp de réfugiés syrien. Mardi soir, de nouveaux tirs depuis la Syrie visant apparemment à dissuader un groupe d'une centaine de Syriens d'entrer en Turquie ont atteint ce camp.
Réaction d'Ankara
Lundi, depuis Pékin, M. Erdogan a condamné une "claire violation de la frontière" et promis d'agir, avant de renvoyer précipitamment à Ankara son ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, qui l'accompagnait.
Réaction de Damas
Le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, a répondu en accusant la Turquie de saper le plan Annan en aidant les rebelles, qu'elle héberge sur son sol, à se livrer au trafic d'armes vers la Syrie. M. Davutoglu a téléphoné à ses collègues des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu tandis que M. Erdogan annonçait qu'il se rendrait vendredi en Arabie Saoudite pour évoquer la crise syrienne.
Le cauchemar de la guerre du Golfe
La Turquie craint le pire à propos des réfugiés, autrement dit une répétition du cauchemar de la guerre du Golfe en 1991, lorsque 500.000 kurdes irakiens étaient massés à la frontière commune.
Risque de "chaos"
Et alors que les espoirs s'amenuisent concernant le plan Annan, l'opposition parlementaire turque prédit le "chaos" si la Turquie décide de faire cavalier seul dans la crise syrienne, en créant une zone tampon. L'installation d'une telle zone nécessitant la présence de soldats turcs en Syrie, la presse turque s'inquiète. "L'appellation officielle de ce genre de chose est une invasion de la Syrie. Franchissez une étape supplémentaire et cela revient à dire que la Turquie et la Syrie sont en guerre", écrit l'éditorialiste Mehmet Ali Birand dans le journal Hürriyet Daily News.



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