La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a prévenu mardi les Européens qu'il serait "dangereux" de tergiverser sur l'indépendance du Kosovo, que les Etats-unis considèrent comme inévitable.
"Je ne pense pas que nous ayons des divergences avec l'Europe sur le Kosovo", a déclaré la chef de la diplomatie américaine. "Ce que nous essayons de faire maintenant, c'est voir s'il n'y a pas autre chose à faire pour adoucir la transition", a ajouté Mme Rice. Mais interrogée sur le rythme de travail des Européens, encore divisés sur la question du Kosovo, Mme Rice a laissé percer une certaine impatience.
"Je pense qu'il y a un danger à continuer à attendre de faire ce qui doit être fait, c'est-à-dire résoudre la question du statut du Kosovo", a-t-elle déclaré. Les Kosovars albanais (1,8 million face à 200.000 Serbes) veulent, faute d'être parvenus à un accord avec la Serbie, proclamer unilatéralement et le plus vite possible leur indépendance, qui est considérée comme "inéluctable" par les Etats-Unis et la grande majorité des pays de l'UE et cela malgré l'opposition catégorique de la Serbie, soutenue par la Russie.
En droit international, le Kosovo est encore une province de la Serbie, mais elle est administrée par l'ONU depuis 1999. La plupart des 27 pays membres de l'UE sont prêts à reconnaître l'indépendance du Kosovo, malgré les réticences notamment de l'Espagne, de la Grèce et de Chypre, mais souhaitent aussi, pour faire avaler l'amère pilule à Belgrade, accélérer le processus de négociations pour l'intégration de la Serbie dans l'UE.


