Les rivaux kényans se tournent vers la Cour pénale internationale
L'Union africaine (UA) a condamné mardi "les violations massives des droits de l'Homme" au Kenya, où le pouvoir comme l'opposition ont décidé de porter les violences post-électorales devant la Cour pénale internationale.
Le Mouvement démocratique orange (ODM) de l'opposant Raila Odinga a annoncé mardi avoir envoyé une plainte à la CPI à La Haye contre le gouvernement du président Mwai Kibaki en l'accusant de crimes contre l'humanité dans la répression des manifestations de l'opposition.
Le gouvernement a aussitôt réagi, affirmant préparer une plainte similaire contre des leaders de l'ODM devant la même juridiction. "Le gouvernement est au courant que des responsables de l'ODM ont planifié et exécuté un génocide dans la Vallée du Rift (ouest). Nous collectons actuellement des preuves et nous nous apprêtons à aller à La Haye pour déposer des plaintes contre eux", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Alfred Mutua.
ViolencesLe Kenya traverse une crise politique majeure depuis la présidentielle du 27 décembre, entachée de fraudes selon l'opposition et de graves irrégularités selon des observateurs internationaux. Cette crise est née de la contestation par l'opposition de la réélection du président Kibaki. M. Odinga, accuse M. Kibaki d'avoir fraudé pour lui voler la victoire à la présidentielle.
Dernières victimes en date des violences politico-ethniques, huit personnes ont été tuées mardi dans l'ouest du Kenya, dans de nouveaux affrontements entre communautés ethniques. Ces nouvelles victimes portent à 63 le nombre de morts depuis que l'opposition avait appelé, le 16 janvier, à trois journées de manifestations pour protester contre la réélection de M. Kibaki, manifestations qui ont été interdites et violemment réprimées par la police.
MédiationC'est dans ce contexte M. Annan, attendu mardi soir au Kenya, doit entamer mercredi une nouvelle médiation dans la crise, sous l'égide de l'UA. Le président en exercice de l'UA, le Ghanéen John Kufuor, s'était rendu trois jours au Kenya début janvier pour tenter une médiation entre les deux parties, mais sans succès.
Signe de la tension persistante dans le pays, la police a eu recours mardi matin à des gaz lacrymogènes pour disperser des centaines de personnes manifestant dans le centre-ville de Nairobi pour soutenir le président Kibaki. Au total, plus de 700 personnes ont été tuées et plus de 250.000 déplacées dans ces violences post-électorales.