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Le régime syrien a nié dimanche toute responsabilité dans la mort d'une centaine de personnes vendredi à Houla (centre), attribuant le massacre à des terroristes et annonçant l'ouverture d'une enquête sur ces violences.
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Plus de 13.000 personnes, en majorité des civils, ont été tuées dans les violences depuis le début mi-mars 2011 de la révolte en Syrie contre le régime du président Bachar al-Assad, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Au moins 9.183 civils, 3.072 membres des forces gouvernementales et 794 déserteurs ont péri dans la répression, les combats et les attentats qui secouent le pays depuis plus de 14 mois. "Nous réfutons totalement toute responsabilité gouvernementale dans ce massacre terroriste qui a visé les habitants", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jihad Makdissi, deux jours après la mort d'une centaine de civils dont 32 enfants de moins de 10 ans, tués selon l'opposition dans des bombardements menés par les forces gouvernementales.
M. Makdissi a précisé que les autorités syriennes allaient mettre sur pied une commission d'enquête pour faire la lumière sur le massacre, qui a suscité une vague de condamnations internationales. Le porte-parole a aussi annoncé que l'émissaire international Kofi Annan allait se rendre lundi en Syrie, où le cessez-le-feu qu'il avait défendu il y a un mois et demi est largement ignoré. M. Annan, nommé le 23 février, a effectué une première visite en Syrie le 10 mars, à l'issue de laquelle il a obtenu des autorités et des opposants un engagement à respecter un plan de paix en six points, prévoyant notamment un cessez-le-feu entré en vigueur le 12 avril mais violé quotidiennement. Ce plan a été ébranlé par le massacre commis vendredi à Houla, et la menace des rebelles de passer à l'offensive à défaut d'une action rapide de l'ONU.
M. Makdissi a indiqué que le ministre des Affaires étrangère syrien Walid Mouallem s'était entretenu avec M. Annan et l'avait informé en détail de ce qui s'est passé à Houla, et de l'ouverture d'une enquête officielle. M. Annan et le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon avaient condamné samedi "la mort, confirmée par les observateurs de l'ONU, de dizaines d'hommes, de femmes et d'enfants" à Houla, dénonçant "une violation flagrante du droit international et des engagements pris par le gouvernement syrien de cesser son recours aux armes lourdes".
Condamnant "dans les termes les plus sévères ce massacre terroriste", M. Makdissi a présenté la version du régime concernant les faits s'étant déroulés à Houla, dans la province de Homs. Vendredi à 14H00, "des centaines d'hommes armés se sont rassemblés à bord de pick-up chargés (...) d'armes lourdes, de mortiers, de mitrailleuses lourdes", a-t-il assuré. "Les forces terroristes se sont dirigées vers cette zone qui est protégée par les troupes gouvernementales (...) et ont attaqué les postes militaires", a-t-il poursuivi, affirmant que ces "terroristes" avaient utilisé "des missiles antichars" pour la première fois dans le conflit."Aucun char n'est entré et aucun canon n'était dirigé contre ces zones (...). Les troupes gouvernementales n'ont pas quitté les lieux. Elles étaient en position d'auto-défense", a-t-il affirmé. Mais à la suite de l'attaque présumée des hommes armés, "les troupes ont riposté en légitime défense et les combats se sont arrêtés vendredi à 23H00", a-t-il expliqué.
Sans se prononcer sur les auteurs de la tuerie, le chef des observateurs de l'ONU en Syrie, le général Robert Mood, avait confirmé samedi "l'usage d'artillerie tirée depuis des chars". L'ASL est essentiellement composée de militaires qui désertent avec leurs armes légères, tandis que les chars de l'armée sont toujours déployés dans les villes en violation du plan Annan censé mettre fin aux violences. "L'Etat syrien est responsable de défendre les civils en vertu de la Constitution", a indiqué M. Makdissi.


