György Matolcsy, ministre hongrois de l'Economie.
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Un jour après le gel des fonds de cohésion pour la Hongrie par la Commission européenne, le ministre hongrois de l'Economie a prôné "l'Europe des nations" et critiqué la Commission pour sa gestion de la crise dans la zone de l'euro.
"La centralisation de l'Union européenne (UE) à partir de 2008 n'a pas porté ses fruits, au contraire: la Commission européenne a pris de mauvaises décisions politiques et financières en série", a indiqué le ministre György Matolcsy dans un article publié dans le numéro de jeudi de l'hebdomadaire Heti Valasz.
Mercredi, la Commission européenne avait décidé de proposer aux Etats de l'UE la levée du gel d'une aide de 495 millions d'euros à la Hongrie, étant donné que ce pays "avait pris les mesures nécessaires pour corriger son déficit excessif".
Le gel de cette aide provenant du Fonds de cohésion de l'UE avait été décidé mi-mars en raison des déficits excessifs répétés de Budapest. Le gouvernement hongrois avait qualifié la levée du gel de "succès gigantesque" avant d'évoquer, un jour plus tard, un "Empire européen" "contraire aux intérêts" de la Hongrie.
"La centralisation d'un Empire européen, c'est-à-dire le renforcement supplémentaire de Bruxelles, est contraire à nos intérêts, car elle ronge l'indépendance de l'Etat hongrois, qui est nécessaire à son développement économique", a ajouté M. Matolcsy.
La Commission a, selon M. Matolcsy, "mal géré la crise de la zone euro et elle a été incapable d'arrêter le déclin de l'influence européenne sur la scène internationale".
"Ainsi, l'Empire européen est mort avant même d'être créé, retournons à l'idée de l'Europe des nations", a-t-il déclaré en ajoutant ne pas souhaiter que la Hongrie adopte l'euro dans l'immédiat. "Dans un avenir proche, il ne faut pas nous joindre à la zone euro, mais pour cela, il faut éviter que l'UE se transforme en Empire européen, nous obligeant à l'intégrer."
Lors de son adhésion à l'UE en 2004, la Hongrie s'était pourtant engagée, comme les autres nouveaux membres de l'UE, à rejoindre la zone euro dès qu'elle répondrait aux conditions économiques nécessaires. Les analystes estiment que cela pourrait être le cas à l'horizon 2019-2020.


