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La cour d'appel de Paris a exigé jeudi de la défense de Jérôme Kerviel qu'elle produise la preuve de la "théorie du complot" évoquée la veille par l'ex-trader, jugé pour une perte de près de cinq milliards d'euros subie début 2008 par la Société Générale.
"Vous nous avez développé une théorie hier, nous en voulons la preuve! ", a lancé la présidente, Mireille Filippini, à l'adresse de Jérôme Kerviel et de son avocat, David Koubbi. "Je veux des pièces, la cour a besoin de les examiner contradictoirement, je veux des documents écrits", a-t-elle insisté, passablement énervée.
Elle a d'abord donné à Me Koubbi jusqu'à lundi au plus tard pour verser toute nouvelle pièce au dossier, avant de décider en fin d'audience que ces documents écrits devaient lui être remis dès vendredi, jour de relâche du procès. "Pourquoi je ne les ai pas encore? Je trouve ces moyens un peu curieux, ça fait des décennies que je suis au pénal, je n'ai jamais vu ça! ", a-t-elle asséné, ajoutant qu'il était exclu d'entendre un témoin anonyme dans cette affaire.
"Je veux un témoin qui puisse témoigner sous serment", a-t-elle dit. Mercredi, Jérôme Kerviel, 35 ans, avait insinué que ses chefs l'avaient sciemment laissé prendre des positions spéculatives de plusieurs dizaines de milliards d'euros, afin qu'il puisse servir en temps voulu de fusible à la Société Générale, exposée à la crise des "subprimes" (crédits hypothécaires à risque). Le procès, prévu jusqu'au 28 juin, reprend lundi matin.


