Le président pakistanais Pervez Musharraf a promis des élections "libres" mais a demandé à ne pas être jugé sur des critères occidentaux "irréalistes", lors du Forum de Davos (Suisse) marqué également jeudi par des débats sur le conflit israélo-palestinien.
Les élections prévues le 18 février "doivent être libres, régulières et transparentes" et "nous ferons en sorte qu'elles soient aussi pacifiques", a-t-il déclaré devant les participants du Forum économique mondial. Le président pakistanais a aussi assuré que toutes les garanties seraient prises pour qu'il n'y ait pas de fraude.
M. Musharraf a toutefois souhaité que la communauté internationale tienne aussi compte de la situation du Pakistan, en demandant que "l'on ne juge pas un pays sur la base de points de vue occidentaux idéalistes et peut-être irréalistes en matière de démocratie ou de droits de l'Homme". Il a également assuré que son pays, considéré comme un acteur crucial dans la lutte contre les réseaux islamistes et contre les talibans afghans, allait "continuer de mener le combat contre le terrorisme".
Tournée européenne
M. Musharraf se trouve dans la station helvétique dans le cadre d'une tournée européenne, qui l'a déjà conduit à Bruxelles et Paris, et doit encore le mener à Londres. Le président pakistanais cherche à rassurer la communauté internationale sur la situation dans son pays après l'assassinat de la dirigeante de l'opposition Benazir Bhutto le 27 décembre, qui a conduit au report des élections au 18 février.
Condoleezza Rice
La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, qu'il a rencontrée mercredi en marge du Forum de Davos, a insisté sur la régularité des prochaines élections pakistanaises. "Ils ont parlé de l'importance que les élections à venir soient libres et régulières" et inspirent "confiance" au peuple pakistanais, a déclaré le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack.
Le conflit israélo-palestinien figure également en bonne place dans les discussions jeudi à Davos, sur fond de fragiles espoirs suscités par la conférence de paix d'Annapolis (Etats-Unis) en novembre, et de crise provoquée par la fuite de milliers de Palestiniens de la bande de Gaza vers l'Egypte. Un débat doit réunir dans l'après-midi côté israélien le président Shimon Peres et les ministres de la Défense Ehud Barak et des Affaires étrangères Tzipi Livni, et côté palestinien le Premier ministre Salam Fayyad et le négociateur Saeb Erakat.
Tony Blair
Le débat sera dirigé par l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair, co-président du Forum de Davos mais aussi médiateur de premier plan en tant qu'émissaire du quartette international pour le Proche-Orient (Etats-Unis, Onu, Union européenne, Russie). La discussion doit porter sur les suites de la conférence d'Annapolis, qui a débouché sur un engagement de négocier en vue d'un accord de paix et de la création d'un Etat palestinien d'ici à la fin de l'année, un objectif ambitieux qui butte sur de fortes difficultés.
L'Autorité palestinienne a notamment accusé mercredi Israël de "torpiller" les engagements d'Annapolis après l'annonce de nouvelles constructions dans des colonies juives à Jérusalem. Le blocus de Gaza par Israël décidé à la suite de tirs de roquettes vers l'Etat hébreu a également tendu la situation, de même que la ruée de dizaines de milliers de Palestiniens vers l'Egypte pour s'approvisonner en produits de base. (afp)
- Soldats et insurgés s'affrontent au Pakistan


