© epa.
Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange se trouvait toujours jeudi dans l'ambassade d'Equateur à Londres où il a passé une deuxième nuit, dans l'attente d'une réponse de Quito sur sa demande d'asile politique qui prendra selon le président Rafael Correa "le temps nécessaire".
Le vice-ministre équatorien des Affaires étrangères, Marco Albuja, avait annoncé qu'une décision serait prise dans les 24 heures - soit dans la journée de jeudi - en réponse à la demande de l'Australien, sous la menace d'une extradition vers la Suède.
Mais Rafael Correa est apparu plus évasif sur le délai. "Il faut voir si Julian Assange court un danger de mort (...) Il faut analyser s'il a eu droit à un procès équitable. L'Equateur est un pays qui rejette la persécution pour motifs idéologiques", a déclaré le président de gauche à l'AFP en marge du sommet de l'ONU Rio+20.
"Il a fait un exposé de motifs, nous allons les vérifier" avec "un sérieux absolu", a-t-il assuré. La décision sera prise "souverainement par le gouvernement équatorien mais cela n'exclut pas que nous prenions le temps nécessaire pour analyser la demande" d'asile, a-t-il dit.
Jeudi matin, un seul policier était visible à l'extérieur de l'ambassade d'Equateur, où Julian Assange est terré depuis mardi après-midi dans l'espoir d'échapper à une extradition vers la Suède qui le réclame dans une affaire de viol et d'agression sexuelle présumés.
Le fondateur de WikiLeaks, qui a épuisé en 18 mois tous ses recours juridiques au Royaume-Uni contre son extradition vers la Suède, est en liberté conditionnelle.
Tant qu'il se trouve dans l'enceinte de l'ambassade d'Equateur, il est en territoire diplomatique, hors de portée de la police, mais il pourrait toutefois être arrêté à sa sortie, Scotland Yard ayant indiqué qu'il avait violé les conditions de sa liberté conditionnelle.
Julian Assange a toujours catégoriquement nié les accusations dont il fait l'objet en Suède, affirmant que les relations sexuelles avec deux suédoises étaient consenties.
Depuis que l'affaire a éclaté fin 2010, au moment où son site internet WikiLeaks publiait des documents diplomatiques confidentiels américains, il ne cesse de répéter qu'il est victime d'un complot des Etats-Unis.
Son inquiétude est que la Suède l'extrade aux Etats-Unis, où il pourrait encourir la peine de mort pour espionnage. A ce jour Washington n'a cependant engagé aucune poursuite.


