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Le nouveau Premier ministre conservateur grec Antonis Samaras s'apprête à annoncer la composition de son gouvernement, dont la priorité sera de renégocier avec les créanciers le programme de redressement.
Les ministres des Finances de la zone euro se retrouvent jeudi après-midi au Luxembourg pour discuter de la crise en Espagne et à Chypre, mais aussi de la Grèce, où les retards s'accumulent dans l'ajustement budgétaire et les réformes structurelles.
Le programme d'aide à la Grèce est "largement sorti des rails" et devra être "renégocié" cet été, avec le choix entre de nouvelles mesures d'austérité et un allongement des délais pour la Grèce, a estimé jeudi Thomas Wieser, un responsable de la zone euro dans un entretien avec l'AFP.
Dès les mois de juillet-août, il faudrait "sérieusement renégocier" sur la question de savoir "comment revenir dans les clous", a ajouté M. Wieser, président de l'euro working group, le groupe de hauts-fonctionnaires chargés de préparer les réunions des ministres des Finances de la zone euro.
Le ministère grec des Finances a pour sa part laissé filtrer dans les médias grecs l'information selon laquelle Athènes allait demander à ses bailleurs de fonds, UE et FMI, deux ans de plus, jusqu'à fin 2016, pour assainir ses comptes, ce qui requerrait de nouveaux prêts de 16 à 20 milliards d'euros.
Le message pourrait être adressé dès jeudi à l'Eurogroupe par le ministre sortant des Finances, Georges Zanias, qui représentera la Grèce à cette réunion dans l'attente de la formation prévue pour dans la journée du nouveau gouvernement par M. Samaras.
Pour le quotidien financier Naftemporiki, "le premier test" concernant les négociations "sera fait à l'Eurogroupe jeudi". "Obtenir un délai ne sera pas difficile.
Mais cela impliquera une nouvelle aide de 20 milliards d'euros vers 2015 car la Grèce ne pourra retourner sur les marchés pour emprunter", avait expliqué mercredi à l'AFP un ancien conseiller de Lucas Papademos, le Premier ministre "technocrate" sortant.
Mais les bailleurs de fonds veulent d'abord disposer d'un audit des comptes de ce pays, après la parenthèse électorale ouverte depuis avril. La troïka, leur délégation tripartite (UE-BCE-FMI), est rapidement attendue à Athènes pour évaluer l'ampleur des dérapages.
Ta Néa (centre-gauche) annonçait du coup une "Troïka contre Troïka", la deuxième étant constituée par le nouveau gouvernement grec, alliant droite, socialistes et gauche modérée sous la direction d'Antonis Samaras.
Le dirigeant socialiste Evangélos Vénziélos, ex-ministre des Finances et artisan de la négociation du deuxième prêt accordé à la Grèce en février en contrepartie d'un nouveau tour de vis financier, a aussi pris les devants mercredi.
"La Grèce va livrer une grande bataille" au sommet européen fin juin à Bruxelles, "afin d'assouplir l'austérité", a-t-il lancé.
Selon les médias grecs, le trio gouvernemental s'est entendu sur le nom de Vassilis Rapanos, l'actuel président de la première banque du pays, la Banque Nationale de Grèce, considéré comme un proche du Pasok, pour occuper le poste-clé des Finances.
S'ils sont convenus d'un gouvernement de coalition, faute de majorité absolue pour la droite sortie en tête des législatives de dimanche, M. Samaras, et ses partenaires, Evangélos Vénizélos et Fotis Kouvelis, de la Gauche démocratique (Dimar), peinaient toutefois à en finaliser la constitution. Ils avaient jeudi après-midi une nouvelle réunion dans ce but.
Le gouvernement devrait inclure des ténors de la Nouvelle-Démocratie de M. Samaras, tandis que le Pasok et le Dimar ne devraient pas y désigner de députés, mais des personnalités de leur camp, selon les médias grecs.
La nouvelle équipe se heurtera dans tous les cas à l'opposition du Syriza, la gauche radicale, arrivé deuxième à l'issue du scrutin de dimanche et qui rejette les recettes en vue de redressement prônées par l'UE et le FMI.
"Le nouveau gouvernement ne devra ni décevoir (...) ni échouer car les premières impressions sont incroyablement cruciales, tant à l'intérieur du pays qu'à l'étranger", mettait en garde jeudi le quotidien libéral Kathimérini.


