Quatre jeunes gens ont été condamnés lundi soir à Paris à des peines de prison ferme pour avoir volé et utilisé frauduleusement, en mai, la carte de crédit de la mère du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls.
Le 14 mai Mme Valls, 68 ans, fait ses courses dans un magasin du 4ème arrondissement. Elle ne repère pas le manège de deux femmes de 20 et 25 ans qui lorgnent par dessus son épaule quand elle règle ses achats et mémorisent son code secret. Peu après, un jeune homme de 24 ans, compagnon de l'une des deux jeunes femmes, glisse discrètement la main dans le sac à main de Mme Valls et s'empare, sans qu'elle s'en aperçoive, de sa carte de crédit.
Des retraits de 3000 euros,
Les retraits d'argent liquide et les achats frauduleux commencent immédiatement. Au total, près de trois mille euros. Les quatre jeunes gens utilisent notamment la carte de crédit pour régler la location de vélos Vélib'. C'est ce qui les perdra. Alertée par sa banque, qui a repéré les retraits suspects, Mme Valls, à la veille de la nomination de son fils place Beauvau, fait opposition. La carte devient inutile.
Quatre jours plus tard, le vigile d'un grand magasin d'habillement dans le quartier de l'Opéra est intrigué par le manège suspect des mêmes quatre personnes qui s'intéressent d'un peu trop près à une cliente hollandaise au moment où elle compose son code secret. Pris en filature, les deux couples sont interpellés alors que l'une des jeunes femmes glisse la carte, qui vient d'être volée, dans un distributeur de billets.
Dans la première affaire, les enquêteurs croisent les listings téléphoniques des bornes cellulaires correspondant au magasin et aux deux stations Vélib': quatre numéros identiques sortent du lot. Et le 19 mai, l'un des numéros apparaît soudain sur la borne correspondant au palais de Justice: ils en concluent que son propriétaire a été placé en garde à vue pour une autre affaire. Dans les photos des personnes gardées à vue ce jour-là, ils reconnaissent sans peine les quatre individus, filmés par les caméras de surveillance du Monoprix.
Les jeunes gens ont reconnu avoir volé et utilisé la carte de crédit de Mme Valls, mais nié, contre l'évidence, le second vol. L'un a été condamné à quinze mois de prison ferme. Les trois autres à un an, dont quatre mois assortis du sursis.



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