Ben Barka a été assassiné et enterré à Paris

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Par: rédaction
24/01/08 - 21h00

L'opposant marocain Mehdi Ben Barka, enlevé il y a 42 ans à Paris, a été assassiné par le général Ahmed Dlimi, N.2 de la police secrète marocaine, puis enterré dans la capitale française, révèle un ouvrage du journaliste israélien Shmouel Seguev, à paraître vendredi.

"Le 29 octobre 1965, Ben Barka est arrivé à Paris en provenance de Genève, avec un passeport diplomatique algérien. Il a déposé ses valises chez son ami Jo Ohanna, un juif marocain, et s'est rendu à pied à la brasserie Lipp pour y rencontrer un journaliste français, quand deux policiers français en civil l'ont interpellé et conduit dans une voiture de location jusqu'à une villa au sud de Paris", a raconté M. Seguev dans un entretie.

"Nous savons avec certitude que Ben Barka était encore en vie le 1er novembre (...) Dlimi ne voulait pas le tuer, mais lui faire avouer son intention de renverser le roi Hassan II", a-t-il ajouté. "Ben Barka avait les chevilles entravées et les mains nouées dans le dos, et Dlimi lui a plongé la tête dans un bac rempli d'eau. A un moment donné, il a pressé trop fort sur ses jugulaires, l'étranglant ainsi à mort", a-t-il poursuivi.

"Le ministre marocain de l'Intérieur, le général Mohammed Oufkir, chef de la police secrète, est ensuite arrivé à Paris pour organiser l'enterrement, qui s'est déroulé dans le plus grand secret à Paris, quelques jours après le décès, sur une aire en construction, où il y avait du béton et du ciment, aux abords de l'autoroute sud", a encore indiqué M. Seguev.

Son livre paraît en hébreu aux éditions Matar sous le titre "Le lien marocain" et se consacre aux relations secrètes entre Israël et le Maroc. Il est préfacé par l'ex-patron du Mossad, le service de renseignements extérieurs, Ephraïm Halévy. M. Seguev y raconte, notamment, comment le Mossad a indirectement permis aux services secrets marocains de repérer Ben Barka, puis de le piéger. "Ben Barka, qui voyageait beaucoup à travers le monde, se servait d'un kiosque à journaux à Genève comme d'une boîte postale où il venait récupérer son courrier, et le Mossad a donné cette information à Dlimi", dit-il.

Shmouel Seguev n'a pas eu accès aux archives du Mossad, toujours couvertes par le secret. Ex-capitaine des renseignements militaires et ancien correspondant à Paris du quotidien israélien Maariv, il a noué des liens très étroits avec les renseignements israéliens. M. Seguev est l'auteur de nombreux ouvrages, dont "La guerre des Six jours", "Israël, les Arabes et les grandes puissances" parus aux éditions Calman-Lévy. (belga)

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