Le Sénat désavoue Romano Prodi qui doit démissionner

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Par: rédaction
24/01/08 - 20h50
MISE À JOUR

Les sénateurs italiens ont refusé jeudi la confiance au chef du gouvernement Romano Prodi, qui doit présenter dans la soirée sa démission au chef de l'Etat Giorgio Napolitano, à qui il incombera de décider ou non de nouvelles élections.

Romano Prodi, à la tête du gouvernement italien depuis 20 mois, n'a reçu la confiance que de 156 sénateurs, alors que 161 l'ont désavoué. La majorité était de 160 voix. La proclamation des résultats dans l'hémicycle de la Chambre haute a été accueillie par les applaudissements des élus de la droite. M. Prodi avait quitté le Sénat avant la proclamation du résultat. "On va tout droit aux élections. C'est une grande joie", a déclaré le chef d'Alliance Nationale (droite conservatrice), Gianfranco Fini. "Maintenant, il faut aller voter", a renchéri le leader de la droite, Silvio Berlusconi.

Refus de démissionner
La défection d'une poignée de sénateurs de sa majorité - dont les deux élus du petit parti centriste et catholique Udeur - a suffi à faire chuter Romano Prodi qui depuis son accession au pouvoir il y a 20 mois avait eu toutes les peines du monde à garder unie sa coalition hétéroclite. Alors que l'issue de ce scrutin était largement prévisible, Romano Prodi a cependant refusé de démissionner par anticipation et a préféré aller jusqu'au bout de la confrontation, malgré les pressions de ses alliés et du chef de l'Etat qui l'avaient incité à jeter l'éponge.

"Je suis ici car on ne fuit pas devant le jugement de ceux qui représentent le peuple, et aujourd'hui notre peuple nous regarde", a souligné le président du Conseil peu avant le début du vote.
Il avait dans un dernier espoir plaidé devant l'hémicycle "le besoin de continuité" du pays, estimant qu'"arrêter l'expérience de ce gouvernement" était "un luxe que l'Italie ne peut pas se permettre".

Coup de grâce
Mais quatre sénateurs de sa majorité, qui avaient été élus comme membres de la coalition de centre-gauche en avril 2006, ont asséné le coup de grâce à Romano Prodi en votant contre lui. Alors que M. Prodi a toujours bénéficié d'une majorité extrêmement ténue au Sénat - une seule voix d'avance ces derniers mois - c'est la défection la semaine dernière de l'Udeur, liée à la démission du ministre de la Justice Clemente Mastella, qui a provoqué la crise actuelle.

Dans le sillage de deux sénateurs Udeur, un petit parti centriste catholique, deux autres élus libéraux de la majorité, dont l'ex-chef de gouvernement Lamberto Dini, ont annoncé qu'ils quittaient le navire.
Selon les agences Ansa et Radiocor, Romano Prodi doit présenter dès jeudi soir la démission de son gouvernement à Giorgio Napolitano, qui devra décider s'il convoque des élections anticipées ou opte pour la formation d'un gouvernement de transition pour quelques mois, le temps de réformer la loi électorale.

Droite gagnante
A gauche, la formation la plus importante, le nouveau Parti démocrate (PD) du maire de Rome Walter Veltroni plaide en faveur d'un gouvernement provisoire car il estime qu'un retour aux urnes avec la loi actuelle serait la "pire" solution. M. Veltroni craint un échec cuisant après vingt mois d'un gouvernement de centre-gauche impopulaire. Les derniers sondages donnent la droite, dirigée par l'ex-chef de gouvernement Silvio Berlusconi, gagnante de 10-12 points sur la gauche par 54,5%/56% contre 44 /45 %.

Les délais sont cependant extrêmement courts pour adopter une nouvelle loi électorale. Un accord devra être trouvé entre les partis avant la mi-juin, date butoir prévue pour l'organisation d'un référendum sur une réforme de la loi électorale qui a reçu le 16 janvier le feu vert de la Cour constitutionnelle. En cas d'élections, le référendum ne serait pas annulé mais reporté d'un an. Le président Napolitano s'est toujours opposé à un retour aux urnes dans les conditions actuelles. (belga)

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