L'Egypte laisse la frontière avec Gaza ouverte

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Par: rédaction
26/01/08 - 21h36

L'Egypte a annoncé ce samedi que sa frontière resterait ouverte aux milliers de Palestiniens qui continuaient, au quatrième jour consécutif, de s'approvisionner sur son territoire en raison du blocus israélien.

"Les Palestiniens continueront de passer jusqu'à ce qu'ils aient satisfait tous leurs besoins en produits divers", a affirmé le gouverneur du Sinaï nord, Ahmed Abdel Hamid, cité par l'agence officielle Mena. Les forces de sécurité égyptiennes ont reçu l'ordre "de faciliter (leur) passage", a-t-il ajouté.

Dans le même temps, et en vue de débloquer la situation, les autorités égyptiennes ont annoncé avoir invité, "séparément", des délégations de l'Autorité palestinienne et du mouvement rival Hamas, qui contrôle la bande de Gaza depuis juin 2007. Le chef de la diplomatie Ahmed Aboul Gheit a indiqué que les délégations étaient invitées à se rendre "d'urgence" au Caire "afin de discuter des mesures concernant le terminal" de Rafah, un point de passage fermé quasiment en permanence depuis juin 2006.

Le porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri, s'est dit prêt à accepter l'invitation. "Il y a une volonté égyptienne de contrôler la frontière et de contrôler l'afflux de Palestiniens", ainsi qu'un "désir de rétablir les arrangements qui existaient à la frontière" avant juin 2007, a ajouté M. Aboul Gheit.

Selon un accord de 2005, le point de passage de Rafah doit notamment être contrôlé par des observateurs internationaux. Israël impose depuis le 17 janvier un blocus à la bande de Gaza en représailles aux tirs de roquettes contre son territoire qui a provoqué une pénurie de produits de base et d'essence.

Depuis mercredi, à la faveur de brèches faites dans la clôture frontalière par des hommes armés, des centaines de milliers de Palestiniens se sont rendus en Egypte par Rafah. Vendredi, les forces de sécurité égyptiennes avaient tenté de reprendre le contrôle de la frontière en en fermant une partie mais des activistes du Hamas avaient ouvert de nouvelles brèches au bulldozer.

Pour la première fois depuis mercredi, des centaines de voitures ont pénétré samedi côté égyptien de Rafah, entièrement embouteillée, grâce à l'ouverture de ces brèches. Des membres des forces de l'ordre égyptiennes étaient présents à la frontière pour surveiller la circulation sans intervenir. Depuis mercredi, une quarantaine d'entre eux ont été blessés dans cette zone, selon M. Aboul Gheit.

L'Egypte a toutefois établi des barrages aux sorties égyptiennes de Rafah pour empêcher les véhicules palestiniens de se rendre plus avant dans la péninsule du Sinaï. Ils laissaient cependant les gens se rendre en taxis ou dans des véhicules particuliers jusqu'à la ville d'El-Arich, située à une cinquantaine de kilomètres plus à l'ouest. Des Egyptiens ont également fait le voyage en sens inverse en voiture pour la première fois depuis plusieurs années, provoquant le grand étonnement des habitants de Gaza.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a de nouveau appelé samedi les groupes armés palestiniens à cesser les tirs de roquettes contre Israël, à l'origine du blocus, tout en accusant ce pays d'infliger une "punition collective" à Gaza. "Nous disons à ceux qui tirent les roquettes: "Arrêtez". Ne leur donnez pas de prétexte et ne montrez pas au monde qu'ils (les Israéliens) sont les victimes", a affirmé M. Abbas lors d'une conférence à Ramallah, en Cisjordanie.

Selon l'armée israélienne, quatre roquettes ont été tirées vendredi et six jeudi, en nette diminution par rapport aux jours précédant la mis en place du blocus. M. Abbas doit rencontrer dimanche à Jérusalem le Premier ministre israélien Ehud Olmert au sujet du blocus. Selon l'un des principaux négociateurs palestiniens, Saëb Erakat, il devrait notamment demander à M. Olmert que le contrôle des frontières entre Gaza, l'Egypte et Israël passe aux forces de l'Autorité palestinienne. (afp)

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