Le président Nicolas Sarkozy aux côtés du Premier ministre indien Manmohan Singh.
Le président français Nicolas Sarkozy a achevé ce samedi par une fastueuse parade militaire et une escapade au Taj Mahal sa visite d'Etat en Inde, au cours de laquelle les deux pays ont renforcé leur partenariat dans le nucléaire et la défense.
Samedi matin, au coeur de New Delhi, M. Sarkozy a été le spectateur privilégié des ambitions de superpuissance démocratique et multiculturelle du géant asiatique. Pour sa fête nationale, l'Inde a fait défiler devant lui ses derniers armements, notamment des missiles balistiques à capacité nucléaire.
"Grâce à l'essor impressionnant de l'économie indienne, l'Inde est devenue un puissant acteur de la mondialisation", a affirmé son homologue Pratibha Patil à l'occasion du Jour de la République.
Après blindés et avions de chasse, des dizaines de chars ont défilé, arborant les couleurs des 28 Etats fédérés de l'Union indienne, la "plus grande démocratie du monde" peuplée de 1,1 milliard d'hindous, musulmans, sikhs, chrétiens, bouddhistes ou animistes, parlant 18 langues officielles.
Puis, M. Sarkozy s'est échappé pendant une heure de la mégalopole de 14 millions d'habitants pour visiter le mausolée en marbre blanc du Taj Mahal, "le monument de l'amour", sans sa compagne Carla Bruni, très attendue par la presse indienne.
Avant-même le départ samedi soir de M. Sarkozy, un haut responsable de l'Elysée s'est déclaré "très heureux" des résultats de sa visite. Liés depuis 1998 par un "partenariat stratégique", les deux puissances ont paraphé un accord-cadre de coopération dans le nucléaire civil ouvrant la voie à la vente de réacteurs français. Son application reste toutefois suspendue à un feu vert de l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA). Pour faire sauter ce verrou, M. Sarkozy a plaidé pour que l'Inde, qui détient l'arme atomique et n'a pas signé le traité de non prolifération nucléaire (TNP), obtienne un régime dérogatoire pour coopérer dans le nucléaire civil avec les Français, les Américains ou les Russes.
"Les besoins de l'Inde en matière d'énergie sont immenses. Si on lui interdit le recours à l'énergie nucléaire civile, elle sera obligée de se tourner vers des énergies qui polluent", a averti le président français. L'Inde a la deuxième plus forte croissance économique au monde (après la Chine) mais est aussi le quatrième pollueur de la planète et doit contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique, selon M. Sarkozy. "Pour la première fois, on a dit aux Indiens qu'ils n'avaient pas à choisir entre croissance et environnement. C'est historique", a estimé un haut responsable de la présidence française.
La France et l'Inde sont aussi allées de l'avant sur l'énorme, mais épineux, marché de la défense. Paris et New Delhi iront "au-delà d'une relation d'acheteur à vendeur", a lancé le Premier ministre Manmohan Singh. Toutefois, le seul résultat tangible pour l'instant, selon Paris, a été l'engagement de New Delhi à négocier avec les français Thales et Dassault Aviation la modernisation de 51 avions Mirage-2000, un contrat potentiel de 1,5 milliard d'euros.
Comme pour la défense, le bilan commercial de la visite s'est limité à quelques centaines de millions d'euros de contrats pour une poignée d'entreprises françaises, loin des 20 milliards récoltés en Chine fin 2007. "En Inde, vous ne signez pas un contrat parce que vous déjeunez avec le Premier ministre", s'est défendu un responsable de l'Elysée. "On est en train de bâtir avec l'Inde un partenariat d'exception, dont on va tirer les conséquences économiques, politiques et militaires dans les semaines et mois qui viennent", a-t-il ajouté.
Nicolas Sarkozy a promis avant son départ qu'il reviendrait "une fois par an en Inde". (afp)


